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𝗧 | 03 • Sous l’Obélisque

Je suis sorti vivant du ventre de la terre, Arraché aux ténèbres par une unique lampée d’air. Les profondeurs réclamaient mon trépas comme sentence. Mais j’ai dérobé leur trésor et rompu leurs chaînes de silence. Dans ma main brûle un astre prisonnier, Un fragment dont les runes changent comme des serpents embrasés. Alors je lève les yeux vers ces implacables géants Ces aiguilles de fer et de feu qui transpercent le firmament Des lunes entières, j’ai refusé leur regard, Créature craintive, je craftais des remparts. Pourtant aujourd’hui leur présence m’est devenue nécessaire. Elle coule en moi, mélange d’espoir et de mystère. « Approche… » Le vent transporte des réponses… Que je n’avais jamais entendues L’île me rend alors une once… De souvenirs perdus. Sous les obélisques géants… Quelque chose brûle en moi… Comme une braise traversant… Les âges pour me retrouver là… Je suis l’écho d’un souvenir… Que cette île refuse d’oublier… Et chaque pas — me voit partir… Vers un chemin déjà codé… Sous ce colosse de métal vivant, j’ai découvert Des fragments de données gravés dans la lumière Ces artefacts perdus au fond des profondeurs Des clefs forgées ouvrant la porte à la terreur Chaque grotte mène à un secret Qui mène à un tourment Puis mène à un gardien Et chaque gardien m’attend ! Ils sont là… Quelque part… Derrière les écrans du ciel Endormis… Affamés… Bourreaux d’un monde artificiel. Tout ce que je croyais comprendre N’était qu’un début… Une première marche Vers l’inconnu… Sous les obélisques géants… Quelque chose brûle en moi… Comme une braise traversant… Les âges pour me retrouver là… Je suis l’écho d’un souvenir… Que cette île refuse d’oublier… Et chaque pas — me voit partir… Vers un chemin déjà codé… J’ai traversé les marais les canyons les tempêtes Les cavernes gelées les tombeaux et les crêtes J’ai plongé dans les failles où la lumière agonise Cherchant dans les ténèbres ce que l’île organise Je grimpe je cours je tombe je repars Toujours plus loin, au plus profond des cauchemars. Chaque artefact sur les épaules ajoute un poids Pendant que l’île entière a les yeux rivés sur moi Et les données s’assemblent comme les pièces d’un piège Des noms, des formes, des silhouettes qui émergent Des gardiens gigantesques enfermés dans leurs cages Attendant qu’un spécimen vienne tourner la prochaine page Alors je rassemble les miens Les griffes — Les crocs — Les rugissements Une armée apprivoisée, élevée avec affection Prête à faire trembler leurs fondations « Identification… du potentiel… » Je vois l’autel s’ouvrir L’air lui-même se déchire Nous sommes parés pour l’action ! Ou du moins… Nous le croyons! Sous les obélisques géants… Nous sommes prêts à tout affronter ! Dans les yeux de mes bêtes un feu brûlant. Que tombe leur gardien à mes pieds ! Devant l’autel, fier et confiant…. J’ouvre enfin les yeux…. Nous allons défier ce titan…. Et ressortirons victorieux ! « Probabilité d’échec… » « Erreur… » « ERREUR ! » « A-xi…….. » Les portes s’ouvrent Une immense cavité s’expose Le sol tremble La lumière explose Et finalement… Je comprends… Ils étaient plus grands Plus forts Plus rapides Plus nombreux Je vois les premiers tomber… Sur ce sol humide, en train d’suffoquer… Puis les suivants un à un s’effondrer ! Les rugissements deviennent des cris Les cris deviennent des frissons Je hurle des ordres - J’appelle à l’aide Personne ne répond !… Je cours — Je saigne J’recule — J’me cache Un décompte retentit… J’esquive — je fuis sans relâche 10 9 8 Cette arachnide géante écrase tout ! 7 6 5 Des morceaux de mes compagnons partout ! 4 3 Je cours — Je glisse — Je tombe J’me retrouve en joue !… 2 1… Sous les obélisques géants… J’ai vu brûler mes ailes… Face aux gardiens d’un autre temps… Nous n’étions qu’une étincelle… L’île refuse mon sacrifice… Elle me l’murmure dans le vent… Mais derrière chaque cicatrice… Résonne encore le vivant… Le bruit des vagues Le goût du sel Le sable sous mes mains Je me redresse La plage Encore Comme au premier jour Je regarde l’obélisque Son mystère me dévore Immobile comme toujours Alors une seule pensée, traverse mon esprit Un seul objectif — Simple — Évident Il me faudra… Plus de dents !