Du pays des souvenirs qui est le nôtre Je t’adresse mes vœux de taille, ceux de l’apôtre Qui vieillit subtilement sans en avoir l’air Luciole anonyme, éphémère de l’hiver Qui regarde naître ce nouveau millénaire Si jeune au regard de l’âge de nos artères La progéniture fraîchement débarquée Remplit d’aise je l’espère un papa comblé Nous venons aussi de vous emboîter le pas Pénélope va bien ne souffre d’aucun tracas Qu’un souriant destin lui fasse rencontrer Un Ulysse de banlieue bien intentionné. Sans te commander, je vais passer quelques jours Avec Le Sauvage sur les bords de l’Adour Essaye de venir, tu trouveras le vivre et l’évocation de l’amitié qui enivre Rien que du ciel bleu, notre étendard et vœu pieux De ces temps bénis où nous nous pensions heureux ! Bien qu’elle fasse du silence son ordinaire Ta guitare aura gravé en moi ce même air Otis Redding nous invitant à la tendresse Pour avoir des amis et chasser la tristesse Mieux vaut se fabriquer de jolis souvenirs Que d’occuper ses vieux jours à de vains soupirs Allez quoi, viens mon Gérard et que la distance N’efface pas le parfum de nos souvenances De nos belles errances parfois effrayantes Ces histoires où nous tremblions sous la tente Vacillant dans un fragile rideau de pluie La mort apprivoisée par tes sombres récits Une nuit d'encre, écrivais-tu, se dissout Dans la brume matinale au cri du hibou D’où l’ode surgira, s’élèvera, féconde Par-delà les forêts humides et profondes Avec déjà la fin du ciel pour horizon Matière à nous souffler de beaux plans d’évasion