
Le prieuré d'Exham se dresse sur les os De mes ancêtres maudits, de leurs sombres secrets J'ai rebâti les murs, j'ai lissé les travaux Pensant fuir la lignée et ses anciens regrets. Mais la nuit est traîtresse dans ce silence de mort Un bruit de pattes agiles s'éveille dans le décor Derrière le plâtre neuf, derrière les boiseries Une armée invisible entame sa boucherie. Écoute... tu les entends ? Ils courent dans les cloisons, ils dévorent le temps. Ils descendent... ils descendent toujours plus bas... Là où le soleil ne nous trouvera pas. Les rats ! Les rats dans les murs ! Le festin des ancêtres, l'horreur à l'état pur ! Sous l'autel de pierre, dans l'ombre des cryptes La faim nous dévore, sous l'immonde morsure ! Rongeant mon sang, rongeant mon nom ! D'Exham... jusqu'à la perdition ! On a levé la dalle, on a vu l'innommable Des millénaires de faim, un gouffre insatiable Des montagnes d'ossements, des cités sous la terre Où ma race se nourrissait dans d'horribles prières. Ce n'est pas le vent qui siffle dans les couloirs C'est le cri des esclaves perdus dans le noir ! Je sens leurs dents de fer, je sens leur soif immonde L'atavisme m'appelle au centre du monde ! Magnas Mater ! Magnas Mater ! "That is not dead which can eternal lie..." Non, c'est plus vieux... plus profond... "Ungly n'i, ungly n'i... snot n'i..." Les rats ! Les rats dans les murs ! Le festin des ancêtres, l'horreur à l'état pur ! Sous l'autel de pierre, dans l'ombre des cryptes La faim nous dévore, sous l'immonde morsure ! Ils sont là... ils sont sur moi... Sir William... non, ce n'est pas moi... C'est eux ! C'est les rats !

