
[Male Vocal] [Couplet 1] Si tu décides un matin de quitter cette ville, avec trois mots étrangers et ton passeport fragile, tu laisseras derrière toi les garages de l’enfance, les conduites éventrées, les murs pleins de silence. Tu apprendras d’autres gares, d’autres noms, d’autres frontières, à dormir contre une vitre dans la lumière ferroviaire. Et la ville que tu quittes marchera derrière toi, comme un mur que tu n’as pas bâti, mais qui connaît chacun de tes pas. [Refrain] Va, va, la route connaît ton nom. Va, va, plus loin que les maisons. Je prierai pour ton voyage, pour les pneus, pour les moteurs, pour les fleuves sous la glace, pour la fatigue et la peur. Va, va, mais garde au fond de toi ce que même la distance ne pourra prendre avec soi. [Couplet 2] À Munich, les familles préparent déjà Noël. La neige passe aux fenêtres des trains régionaux vers le ciel. À Dublin, un étudiant porte sa colère en blouson, le monde est une roulette, la vie, une détonation. Sur les tables : thé, tabac, des cartes, des téléphones. Chacun transporte avec lui une frontière qui résonne. [Refrain] Va, va, la route connaît ton nom. Va, va, plus loin que les maisons. Je prierai pour ton assurance, pour ton sac et tes papiers, pour les stations-service où tu t’arrêteras épuisé. [Pont] Pour tout ce que tu oublies ici. Pour tout ce que tu oublieras demain. Pour ce qui restera sans toi. Pour ce qui te suivra quand même. Je ne demanderai qu’une chose : n’abandonne pas ta mémoire. [Outro] Où que tu sois. Où que tu dormes. Où que tu partes encore. Garde ta mémoire. Garde ta mémoire.

