Intro — voix grave, parlée] Ouais… Y a des choses qu'on raconte pas. Des sourires qui cachent des nuits compliquées. Des gens qui disent « t'inquiète, ça va » Mais qui savent même plus comment ils vont payer. On vit, on encaisse… Et demain, faut recommencer. KM2R… [Couplet 1 — rap posé, très réaliste] Le réveil sonne à six heures, j'ai déjà la tête pleine, J'ai dormi quatre heures, mais faut que je me traîne. Le café refroidit, les factures sont sur la table, J'fais des calculs dans ma tête, mais les chiffres sont implacables. J'ai vu des hommes se taire pour pas inquiéter leurs gosses, Dire que tout va bien quand leur monde entier se cabosse. Des mères qui comptent les pièces avant de faire les courses, Des pères qui cachent leurs larmes et qui continuent leur course. On parle beaucoup d'argent, rarement de ce qu'il coûte, Des nuits à chercher pourquoi tout part en déroute. Les amis sont nombreux quand la vie te fait des cadeaux, Mais quand tu touches le fond, tu reconnais les vrais des faux. J'ai fait des erreurs, j'vais pas jouer les innocents, J'ai parfois blessé les miens en croyant faire autrement. On veut protéger les siens, mais parfois on les éloigne, À force de garder ses peines, on finit par perdre les mots qui soignent. J'ai compris qu'être un homme, c'est pas parler plus fort, C'est reconnaître ses torts et réparer quand on a tort. C'est rester quand c'est difficile, pas seulement quand ça brille, C'est se battre pour demain, même quand hier nous mutilе. [Refrain — rappé, puissant, plusieurs voix] C'est ça, la vraie vie, y a pas de scénario, Des rêves dans la tête et des dettes sur le dos. On tombe, on se relève, même quand personne nous voit, On sourit devant les autres, on se débrouille avec soi. C'est ça, la vraie vie, des promesses et des regrets, Des « je t'aime » qu'on oublie quand la colère nous connaît. On n'a pas choisi les cartes, mais on choisit ce qu'on en fait, Tant qu'il reste un peu d'espoir, y a quelque chose à sauver. [Couplet 2 — flow plus nerveux, plus incisif] J'ai vu des couples se déchirer pour des problèmes de salaire, Des mots lancés comme des pierres qu'on regrette une fois derrière. On s'aime, mais on se blesse, on se parle sans s'entendre, On attend que l'autre comprenne ce qu'on n'arrive pas à lui rendre. Y a les enfants qui regardent sans comprendre les disputes, Qui veulent juste un peu de paix pendant que les grands se percutent. Ils demandent pas des palais, des voyages ou des bijoux, Juste une présence à leurs côtés, des bras qui restent autour d'eux. Dans la rue, chacun avance avec son histoire sur le dos, Y en a qui jouent les durs parce qu'ils ont grandi sans mots. Y en a qui bossent toute la semaine pour finir dans le rouge, Et ceux qui jugent de loin sans savoir ce qui les bouge. J'ai plus envie de faire semblant, plus envie de vendre un rêve, La réalité, c'est parfois des défaites avant la relève. C'est demander de l'aide quand l'orgueil voudrait se taire, C'est comprendre que même les solides ont besoin qu'on les épaulе. J'veux pas finir ma vie à regretter mes silences, À compter les absents, à maudire mes impatiences. Si demain tout s'arrête, qu'est-ce qu'il restera de moi ? Pas le montant sur mon compte, mais les souvenirs qu'on gardera. [Refrain — plus intense, voix doublées] C'est ça, la vraie vie, y a pas de scénario, Des rêves dans la tête et des dettes sur le dos. On tombe, on se relève, même quand personne nous voit, On sourit devant les autres, on se débrouille avec soi. C'est ça, la vraie vie, des promesses et des regrets, Des « je t'aime » qu'on oublie quand la colère nous connaît. On n'a pas choisi les cartes, mais on choisit ce qu'on en fait, Tant qu'il reste un peu d'espoir, y a quelque chose à sauver. [Couplet 3 — plus sombre, retour au vécu] J'ai pas toujours été fier de l'homme que j'ai montré, Y a des pages dans ma vie que j'aimerais pouvoir gommer. Mais le passé reste écrit, même si le temps nous pardonne, Alors j'essaie de faire mieux pour les miens et pour les personnes. Parce qu'au fond, on veut tous un endroit où souffler, Une maison où rentrer sans avoir peur de parler. Un repas autour de la table, des rires dans le salon, Et des gens qui nous aiment encore quand on n'a plus de solution. J'ai compris que la richesse, c'est pas ce qu'on peut acheter, C'est les mains qui restent tendues quand tout semble nous lâcher. C'est un enfant qui nous appelle, une femme qui nous comprend, C'est pouvoir dire « j'ai eu tort » et changer réellement. Alors j'avance sans prétendre avoir compris tous les mystères, J'ai des cicatrices invisibles et des combats ordinaires. Si ma voix traverse un jour les murs de ceux qui m'écoutent, J'espère qu'ils comprendront qu'on peut changer de route. Pas besoin d'être un héros, pas besoin d'être un roi, Parfois gagner sa journée, c'est déjà gagner un combat. Et si la vie nous met à terre, qu'elle entende au moins ceci : On n'est pas ce qu'on a perdu. On est ce qu'on fait de sa vie.