
[Couplet 1] J'ai le regard posé sur l'horloge qui défile, En équilibre instable au-dessus de la ville. On naît dans un cri, on repart dans un souffle, Dans les ombres du bitume où la jeunesse s'étouffe. J'ai vu les néons clignoter sur mes doutes, Chaque seconde qui passe avance sur la route. On cherche un sens au milieu du marasme, Entre les faux départs et les derniers spasmes. Le temps c'est du poison qu'on boit à la cuillère, On bâtit des châteaux qui finissent en poussière. J'ai pas choisi le banc ni la ligne de départ, Mais je sais que la fin se dessine dans le noir. Alors je gratte la feuille jusqu'à brûler l'encre, Pour laisser un écho avant que l'ombre s'ancre. [Refrain] Né pour mourir, les yeux grands ouverts, On court après le temps sous un ciel de fer. Graver nos noms sur de la pierre qui s'effrite, Né pour mourir, la montre va trop vite. Entre la première lueur et le dernier soupir, On apprend à vivre, mais on est né pour mourir. Né pour mourir, les yeux grands ouverts, On court après le temps sous un ciel de fer. [Couplet 2] On accumule l'or, les rancœurs et la haine, Comme si nos corps esquivaient la sentence certaine. Un jour de plus sur Terre, c'est un jour de moins à tirer, Un compte à rebours où les dés sont jetés. Les années s'envolent, les souvenirs s'effacent, L'éternité rigole quand on veut prendre de la place. J'écris pour braver l'ombre et conjurer le sort, Fixer la vérité sans craindre le décor. Pas de résignation, juste la lucide amertume : La vie est une fleur qui pousse sur le bitume. On marche à bout de souffle, le cœur en surrégime, En quête d'une étincelle au-dessus de l'abîme. [Refrain] Né pour mourir, les yeux grands ouverts, On court après le temps sous un ciel de fer. Graver nos noms sur de la pierre qui s'effrite, Né pour mourir, la montre va trop vite. Entre la première lueur et le dernier soupir, On apprend à vivre, mais on est né pour mourir. Né pour mourir, les yeux grands ouverts, On court après le temps sous un ciel de fer. [Outro] Le tic-tac ralentit... Le silence remplace le bruit. On n'emporte rien avec soi, Rien que le son de nos voix. Né pour mourir... Mais vivant d'abord.

