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MES DEUX MAMANS

V6

[epic Melancholic instrumental choreography] [Couplet 1 — Piano • Intime] Trois ans à peine, et déjà la séparation, Ma mère cherchait ailleurs un nouvel horizon. Elle ne pouvait m'emmener avec elle, Deux femmes ont pris soin de l'enfant que j'étais. Pas de père à mes côtés pour guider mes pas, D'un oncle, j'ai gardé le goût des combats. Mais autour de l'enfant se dressait un rempart : Deux piliers devenus immenses dans mon regard. Ma grand-mère, celle que j'appelais Maman, Ma tante, même pilier, solide face au vent. Ma cousine, grande sœur de mes jeunes années, M'offrait ces petits riens qu'on garde à jamais. [Pré-refrain] Je ne voyais alors que toute leur rigueur, Je comprends aujourd'hui ce qu'elle cachait au cœur. [Refrain] Vous étiez là quand d'autres ne l'étaient pas, Deux femmes debout pour veiller sur mes pas. Tout l'amour qu'on ne savait pas se dire, Vous l'avez déposé dans ma façon de grandir. Je porte encore vos voix quand la mienne se perd, Et vos silences résonnent plus fort qu'hier. Si l'homme que je suis tombe encore quelquefois, L'enfant que vous avez élevé se relève en moi. [Couplet 2 — Growing] L'éducation de marbre, les cahiers sur la table, Chez les frères catholiques, la règle implacable. Travailler, respecter, apprendre, recommencer, L'amour se révélait dans tout ce que vous faisiez. Les mots tendres restaient souvent derrière les lèvres, Mais jamais je n'ai douté de votre présence. On ne demandait pas : « Que ressens-tu vraiment ? » On m'apprenait plutôt à serrer fort les dents. [Pont — Le départ] Puis vinrent quatorze ans et demi, l'heure du départ. Maman, malade, ne pouvait faire le voyage. À la maison, nos larmes ont marqué les adieux. Puis Tata m'a conduit jusqu'à l'aéroport. [Dernier couplet — L'aéroport] Avant de partir, tu m'as fait la morale : Respecter tout ce que vous aviez semé en moi. Puis tu m'as dit, presque comme une sentence : « Je ne vais pas pleurer quelqu'un Qui part vers un avenir meilleur. » La file avançait, la distance grandissait, Ma gorge se nouait, mais mon pas continuait. J'aurais voulu courir et revenir vers toi, Mais je ne sais toujours pas comment j'ai tenu. Je me suis retourné : tu n'avais pas bougé, Droite et silencieuse, tu n'avais pas cédé. Plus je m'éloignais, plus tu semblais petite, Pourtant jamais tu ne m'as paru si grande. [Dernier refrain — Emotional Peak] Vous étiez là quand d'autres ne l'étaient pas, Deux femmes debout pour veiller sur mes pas. Tout l'amour qu'on ne savait pas se dire, Vous l'avez déposé dans ma façon de grandir. Je porte encore vos voix quand la mienne se perd, Et vos silences résonnent plus fort qu'hier. Si l'homme que je suis tombe encore quelquefois, L'enfant que vous avez élevé se relève en moi. [Outro — Piano • Cello • Exposed Vocal] Tata... À quatorze ans, je ne voyais que ton courage, Avec le temps, j'ai mieux compris son langage. Tu ne m'as jamais dit : « Il faut être fort. » Tu n'en avais pas besoin. Tu me montrais comment. Le cœur pouvait trembler et continuer d'avancer. Au moment même où je devais te quitter, Tu m'élevais encore une dernière fois. [Silence] C'était ta dernière leçon. Je ne l'ai jamais oubliée, Tata....Pardonne moi Car je n'ai pas toujours su être à la hauteur. [Piano Fade] À ma grand-mère... Ma tante... Mes deux mamans...