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V5

Bon, certains vont me dire que ma chanson Changer d’angle est trop candide, trop naïve, et ils ont raison lorsqu’ils me soumettent le cas de personnes qui deviennent agresseurs, à cause d’une tendance incontrôlée à s’en prendre aux autres, en lien avec une problématique de santé mentale, de polytoxicomanie, ou de troubles de personnalité incontrôlés, les rendant semblables à des hérissons ou des cactus : qui s’y frotte, s’y pique. Bon, j’en conviens. Alors une pratique de l’évitement reste ma seule solution de survie. Je n’ai rien à gagner à affronter un agresseur de front, sauf lorsqu’un arrêt d’agir s’impose. Je trouve tout de même une petite façon, une certaine manière de rejoindre une personne antisociale : lorsque je salue un groupe de personnes dans lequel elle se trouve, je fais l’effort de saluer cordialement le groupe, d’être gentil sans discernement, afin que cette personne, elle aussi, reçoive sa part de gentillesse à travers ma considération pour les membres du groupe. Ce n’est pas une manière glorieuse de m’en sortir, mais c’est ma façon de vivre en paix intérieurement, en accordant à chacun la part d’humanité à laquelle il peut avoir accès. Une personne peut présenter plusieurs aspects qui me rebutent, mais j’essaie de me rappeler que c’est une personne, et qu’elle a droit aux mêmes mesures, aux mêmes dispositions, que celles que l’on doit à tout être humain. Cette personne, il faut la respecter malgré tout. Sinon, on devient soi-même de ceux qui cherchent à rabaisser toute personne qui ne correspond pas à leurs attentes. Chez nos voisins du Sud, certains montent la tête des plus fragiles, instrumentalisant la personne nuisible, la comparant à un chien, un rat, ou un insecte nuisible. Alors, on tire, on tue, en assimilant une vie humaine à un simple parasite, comme si le meurtre était une banale répression de nuisibles. Mais une personne reste une personne, même si elle recrute pour un oligarque qui cherche à briser la démocratie. Je ne partage pas ton opinion, mais je respecte que tu es le papa de deux enfants, le mari de quelqu’un, le frère, le fils, l’ami de certaines personnes. Je te respecte en tant que personne, et je tente de me rappeler, toute ma vie durant, que tu es une personne. Chaque être humain a droit de vivre, de se nourrir, de se loger, de gagner sa vie. Une personne est une personne. Toujours. C’est pourquoi nous devons trouver des solutions compatibles avec les droits humains, le droit civil et le droit criminel.