
[Intro – guitare nylon seule, puis le piano] [Couplet 1 – voix grave (lui), slam] J'ai longtemps vécu dans une pièce où tout parlait à la fois : la radio des regrets, le moteur des « il faudrait », les portes qui battaient, le réveil, les comptes, les pourquoi, une foule dans la tête qui ne se couchait jamais. Et puis tu t'es assise, sans rien dire, à côté de moi, tu as posé ton café, tu as regardé dehors — et j'ai entendu, pour la première fois depuis des mois, le silence revenir s'asseoir au bord de mon corps. [Refrain – deux voix] Comme l'eau qui se pose au fond d'un verre troublé, la vase redescend, les choses redeviennent claires, sans forcer. Avec toi rien ne pèse, rien ne court, rien ne se perd : le monde baisse le son — et moi, je vois à travers. [Couplet 2 – voix féminine (elle), le groove entre] Je n'ai pas à jouer, à briller, à tenir le bon rôle, à remplir les silences de phrases bien tournées. Je peux venir fatiguée, la tête sur ton épaule, je peux rire pour rien, je peux me taire une soirée. Il y a des gens qui prennent, qui puisent sans le savoir, on rentre de chez eux plus pâle, le pas plus lourd ; toi, tu me rends des couleurs que j'avais cessé de voir, et je repars plus léger, plus vaste, plus vraie, toujours. [Refrain – deux voix] Comme l'eau qui se pose au fond d'un verre troublé, la vase redescend, les choses redeviennent claires, sans forcer. Avec toi rien ne pèse, rien ne court, rien ne se perd : le monde baisse le son — et moi, je vois à travers. [Pont – parlé, à deux, guitare seule][lui] Quand tu t'en vas, la porte se referme. [elle] Et ce n'est pas un trou qui reste. [lui] C'est une chaleur sur la chaise. [elle] Comme une pierre au soleil, longtemps après le soir. [ensemble] On ne perd rien. On garde. [Break instrumental – guitare nylon et piano] [Couplet 3 – les deux voix en alternance] [lui] On ne se fait pas de grandes promesses, ni de grands serments, [elle] on n'a pas de mots savants pour dire ce qui nous lie. [lui] Juste ce calme qui revient chaque fois, simplement, [elle] comme on retrouve sa chambre au retour d'un long pays. [lui] Je n'ai pas de théorie, pas d'étiquette, pas de nom, [elle] je sais seulement que l'air est plus large quand tu es là. [ensemble] Il y a des présences qui usent, d'autres qui font maison : la tienne est de celles où l'on respire tout bas. [Refrain final – deux voix] Comme l'eau qui se pose au fond d'un verre troublé, la vase redescend, les choses redeviennent claires, sans forcer. Avec toi rien ne pèse, et quand tu t'en vas, mon cœur ne garde pas de vide : il garde ta chaleur. [Outro – guitare seule] [elle] Tu entends ? [lui] Rien. [ensemble] C'est ça.

