
Crépuscule sur le fleuve l’eau gestationne la mémoire et moi, sans ombre, je demeure là où la terre se retire Je ne parle plus l’esprit m’articule Je t’ai vu te dissoudre dans une lumière souvenante et je suis resté ici en suspens d’un salut qui ne fut jamais inscrit Le fleuve m’a dit : délie ton esprit et je te laisserai la mémoire À présent je m’écoule au cœur du silence hors de moi trace nue Si tu me vois dans l’eau ne t’avance pas je ne suis pas rédemption je suis réminiscence Et celui qui regarde au fond voit son esprit exhumer ce qui fut enfoui avant d’être nomCrépuscule encore la mémoire esquisse un sourire l’esprit sans ombre sans retour

