
Je croise un étranger chaque matin dans la glace Un visage tracé, où le temps a pris sa place. Les tempes sont de sel, et le regard est lourd, Mais sous le cuir épais, je compte encore les jours. Ce masque de rides, c'est pas moi, c'est l'usure, Une vieille carcasse couverte de gravures. Le reflet me ment, il me vole mon nom Il oublie l'enfant qui rêve à l'horizon. (L'horizon...) Mais dans ma tête, j'ai toujours vingt ans ! Le cœur qui bat, défiant tous les vents ! Le miroir grimace, il veut me voir ployer, Mais l'esprit refuse, il ne veut pas céder ! Je suis un jeune loup dans une armure usée, Y'a qu'en fermant les yeux... que je me vois mieux. Mes mains sont calleuses, elles ont porté le fer, Elles racontent les hivers, les joies et les enfers. Mes jambes sont lentes, mais mon âme est pressée, De courir encore là où je m'étais arrêté. C'est un piège de chair, une étrange prison, Où le temps fait la loi, sans aucune raison. Laissez-moi la rage, laissez-moi la flamme ! On n'enterre pas l'étincelle d'une âme ! Le verre peut se briser, l'image peut s'effondrer... Mais je reste celui que j'ai toujours été ! Car dans ma tête, j'ai toujours vingt ans ! Le cœur qui bat, défiant tous les vents ! Le miroir grimace, il veut me voir ployer, Mais l'esprit refuse, il ne veut pas céder ! Je suis un jeune loup dans une armure usée, Y'a qu'en fermant les yeux... que je me vois mieux. Vingt ans... Juste un reflet... Rien n'a changé.

