
Je connais le silence… Depuis bien avant cette voix. Il était mon compagnon dans l’errance Puis… Tu es apparu devant moi. J’ai appris à marcher sans laisser de traces, À lire les tempêtes au dessin des nuages. À dormir d’un seul œil, à l’affût de toutes menaces. À survivre sans vouloir écrire une nouvelle page. Puis je t’ai vu, seul, marchant dans ce désert, Vers l’obélisque, tel un phare appelant son naufragé. Ignorant les géants cachés dans la pierre Comme si le monde entier t’indifférait. Tu bâtis des murs contre des bêtes affamées, Tu apprivoises des créatures qui t’auraient dévoré. Tu avances pas à pas, sans jamais te retourner, Sans jamais t’inquiéter de ce qui semble t’observer. Je reste cachée. Toujours dans l’ombre. Jamais très éloignée. Pourquoi ne lèves-tu jamais les yeux ? Fais-tu semblant de ne rien voir ? Ces lumières… Ces tours… Ce monde qui joue avec nos espoirs… Qui es-tu… Pour marcher sans trembler ? Quand chaque souffle murmure Qu’il faudrait abandonner. Qui es-tu… Pour défier les saisons ? Comme si la peur N’avait jamais prononcé ton nom. Et moi… Je t’observe sans bruit. L’ombre en écho derrière toi Qui s’attache et qui te suit… Je t’ai vu traverser des cavernes oubliées, Voler des reliques gardées dans l’obscurité Revenir couvert de cendres et de plaies, Avec pourtant le même regard déterminé… J’ai déjà vécu ces tourments Est-ce pour toi le commencement? Je t’ai vu tomber. Ton corps inanimé… Mais au soleil suivant Je te retrouve vivant… Comment peux-tu te relever… À ce que je t’ai vu affronter? Ai-je déjà vécu la même issue? Ces souvenirs seraient-ils disparus?… Je compte les jours, les détours, les retours, les combats, Les morsures, les blessures, les victoires que je ne conçois pas. Chaque chute un nouveau départ, chaque échec une mémoire, Comme si quelqu’un réécrivait sans cesse ton histoire. Tu bâtis, tu détruis, tu recommences encore, Tu refuses de plier même lorsque tout te dévore. J’ai vu ton sang couler, ton corps se briser Puis au matin, tes empreintes redessinées. Qui efface la mort ? Qui rouvre le chemin ? Pourquoi ton destin semble défier le mien ? Les obélisques t’appellent. Les créatures te suivent. Et toi… Tu continues d’avancer. Comme si tu ne savais pas… Ou comme si tu savais déjà. Peut-être… Que je me trompais. Tu vois les signes. Tu refuses, toi… De les ignorer. Mais cette route… Je la connais. Elle ne conduit pas a l’espoir. Elle mène aux regrets… Qui es-tu… Pour continuer d’avancer ? Quand chaque pas hurle Qu’il fallait abandonner. Qui es-tu… Pour défier l’horizon ? Comme si le désert entier Faisait face à tes convictions. Car moi… Je t’observe évoluer. L’ombre en écho derrière toi Cherchant à te déchiffrer. Je retrouve en lui, celle que j’étais avant le sable, L’instinct affûté, l’ombre insaisissable. Nous avions défié ce système Cherchant des réponses, une lueur. Pour me libérer de ces chaînes J’y ai laissé une part de mon cœur... J’aimerais savoir J’aimerais comprendre Dois-je encore y croire ? Ou à nouveau me méprendre ?… Je te vois avancer hésitant. Des symboles éclairant la pierre. Ta main sur l’autel s’illuminant. Mon souffle, mes battements s’accélèrent. L’obélisque au-dessus de toi… Ils t’attendent…Ils te voient… Je dois le prévenir… Je dois… ... ARRÊTE ÇA !!!!!

