[Spoken Intro] Au-delà des dimensions classiques où l'homme projette ses pas Il en est une où s'échappent ses pensées les plus folles C'est une dimension aussi vaste que l'espace, aussi démesurée que le temps Un reflet changeant entre l'ombre et la lumière Un champ d'hypothèses entre la science et la superstition Un terrain glissant entre l'abîme de nos frayeurs et la cime de nos connaissances Sublimant l'imagination, faisant éclater le rationnel, nous l'appellerons simplement la quatrième dimension[Intro – nappes froides + pizzicato discretsouffle grave] Feu rouge suspendu, Rien ne circule plus. Voitures arrêtées, Alignées, moteurs coupés, Portières fermées, Silence plombé. Fenêtres ouvertes, Aucune alerte. Rideaux figés, Portes verrouillées. Un journal posé Sur un banc déserté. Pas un oiseau dans le ciel, Pas un battement d’aile. Une tasse oubliée Sur la terrasse d’un café. Une porte d’immeuble, Verre blanc et trouble. Un téléphone décroché, Muet... abandonné. quinze heures dix sept. Tout tient en équilibre, Silence terrible. Comme si le monde s’était brisé Entre deux battements figés. ... Et au milieu… Moi. [Couplet 1 - quasi vide, contrebasse + vibraphone] Je marche dans l’avenue, Mes pas frappent le bitume nu. Je crie — ma voix n’a pas d’éclat. Personne... à part moi ! J'avance vers les façades cartonnées, L’écho reste prisonnier. Les feux restent rouge... bloqués. Les horloges : quinze heures dix sept ... figées. [Pré-Refrain - montée de cordes fines] Même mon ombre ne suit pas, Même la poussière ne bouge pas. Je respire un air gelé Dans une ville morte... débranchée. [Refrain - motif répétitif hypnotique] Ils sont partis ? Tousse partis ? Disparus sans un bruit, Dissous dans la nuit Dans un silence infini. Pas d’alarme... Pas de drame... Juste le vide qui s’installe Et le réel qui détale. Pourquoi suis-je toujours là ? Ma mémoire ne répond pas. quinze heures dix sept... Encore. quinze heures dix sept...Toujours. [Couplet 2 - quasi vide, contrebasse + vibraphone] Je monte dans une voiture. Je tourne la clé d'contact… zéro murmure. J’ouvre le capot chromé. Aucun moteur caché. Ni câble ni piston, Ni trace de combustion Carrosserie plastique, Habitacle synthétique. ... Je recule, le sol glisse Le monde semble factice Je cours vers la sortie nord. La ville me ramène encore. Même feu rouge écarlate. Même silence qui dilate. Même banc déserté. Toujours quinze heures dix sept affiché. [Pont – tension extrême - cluster orchestral + bruit blanc] Le ciel s'illumine en blanc violent, Le béton devient tremblant. Les immeubles se décalent, Comme un décor qu’on installe. Un clignement terrifiant. La rue penche dangereusement. [Musique Off - dialogue parlé - silence total] [Voix féminine, claire] — l’horloge ? On la laisse à quinze heures dix sept ? [Voix masculine, calme] — Oui. Très bien. [Voix féminine, claire] — D’accord… et on garde la figurine ? [Voix masculine, calme] — Oui, Ça donne l'échelle au projet. [Voix féminine, claire] — je la place près du feu rouge ? [Voix masculine, calme] — Oui, parfait. La maquette est prête, on la présente demain au client.[spoken word] À quinze heures dix-sept, une ville entière s’est arrêtée. Non par catastrophe. Non par miracle. Mais parce qu’elle n’était jamais destinée à vivre. Quant à l’homme que vous venez de voir… Il n’était pas seul. Il était simplement à l’échelle. Une figurine sur une maquette, Dans un monde où certains décors Se prennent pour la réalité. Tout cela vous semble impossible ? ... Irréelle n'est-ce pas ? ... Certainement... Mais pas dans la quatrième dimension