Aux marges du couchant — ce vitrail éclaté où le soleil, devenu spectre, dépose ses cendres — se dresse l’éternité suspendue : non flamme, mais respiration de silence, plus ancienne que toute genèse, plus lourde que tout néant. Les anges, statues d’ombres serties de ferveur, se déploient comme des labyrinthes de verre : leurs ailes sont colonnes, leurs colonnes sont prières, leurs prières sont fractures d’un miroir céleste. Dieu — nom fendu, syllabe éclatée — ne règne plus qu’en fragments stériles, dispersés dans l’air comme poussière de vitraux. Et moi, pèlerin de l’illisible, je marche parmi ces cendres suspendues : chaque pas est un autel qui s’efface, chaque souffle un encens sans origine. Je cherche la clef — mais la clef est une absence, et l’absence elle-même est serrure. O crépuscule : fin ou commencement ? question ou réponse ? Peut-être n’es-tu que l’écho d’une prière tombée de lèvres scellées, peut-être qu’en toi la nuit est une crypte où l’homme, pauvre exilé de son propre cœur, prend le vide pour vérité, et la vérité pour abîme.