
[video]Tiroir mental !
HOOKS https://suno.com/@azmognie/hook/a19cd94f-a2c0-45d6-b90c-dbf8085d7582 🎧"Si toi aussi tu ranges le vide pour qu'il ne dérange personne... ce titre est pour toi. ' 📦✨ - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -- [ Y O U T U B E ] ▶️ https://youtu.be/RAe8mVendFA?si=riqu_jTgXw_WFr2O - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -- 📱 Tiroir mental ! J’ai passé la matinée à trier des pensées qui n’ont jamais existé vraiment. Je les range par couleur, par poids, par probabilité de catastrophe. Comme si le désordre n’était qu’une erreur de classement. J’ai classé mes peurs en dossiers bien étiquetés, et mes espoir en pièces détachées, dont il manque toujours une vis. La tête fait toujours la même taille qu’hier, mais je prends moins de place à l’intérieur. Et je me dis que c’est peut-être ça vivre : faire l’inventaire des sorties de secours dans une pièce qui n’a jamais eu de porte, et continuer à chercher quand même. Je range ce que je ne sais pas faire. Je classe ce que je ne veux pas voir. Pièce par pièce, raison par raison, je finis par devenir un objet de mon propre inventaire. Trois semaines que je n’ai pas ouvert les fenêtres, les idées mortes ont formé une administration modèle. J’ai gardé des « et si » datant de novembre, au cas où la vie viendrait enfin répondre à l’appel. Je voudrais me souvenir d’avoir oublié. Ça demande moins d’entretien que l’espoir. La tête fait toujours la même taille, mais mes murs avancent avec beaucoup de tact. Mes doutes ont tenu une réunion sans moi. Ils ont voté pour rester indécis à l’unanimité. Mes certitudes ont demandé le divorce, en dansant sur le plafond de mon crâne. Moi, je n’ai pas participé. J’étais trop occupé à tout peser deux fois, puis trois, puis quatre. Quelqu’un a proposé de fermer définitivement les archives. Personne n’a retrouvé la clé. Je range ce que je ne sais pas faire. Je classe ce que je ne veux pas voir. Pièce par pièce, raison par raison, je ne retrouve plus la main qui classe. Puis je range le vide, pour qu’il ne dérange personne. J’ai arrêté de vivre pour finir le tri. Ça semblait plus simple à terminer. Je me nourris de miettes de raison. Les questions tournent en rond comme des horloges sans aiguilles. Et moi je reste là, gardien consciencieux d’un musée de peut-être. Chaque grand « pourquoi » reçoit un « peut-être plus tard », tamponné « urgent », jamais traité. La tête fait toujours la même taille. Mais mes pensées portent maintenant des badges visiteurs. J’ai essayé de ranger mon esprit dans un autre esprit. Il n’entrait pas. Trop de bordel. Alors j’ai rangé la journée dans la nuit, la nuit dans la peur, et la peur dans ma poitrine, bien pliée. Maintenant je vis dedans, comme une lettre oubliée dans un meuble qu’on ne fabrique plus. J’entends parfois quelqu’un ouvrir un tiroir. Ce n’est jamais le bon. C’est ridicule... mais ça ressemble beaucoup à une maison. Je range ce que je ne sais pas faire. Je classe ce que je ne veux pas voir. Pièce par pièce, raison par raison. Je finis par devenir le gardien de tout ce qui ne servira jamais. Puis quelqu’un ouvre enfin le tiroir. Je reconnais le bruit. Il vient de l’intérieur. Demain je commencerai par les grandes questions, ou par les petites, ou peut-être pas du tout. La tête fait toujours la même taille qu’hier. Le tiroir, lui, continue de fabriquer de la place pour des choses qui n’arriveront jamais.



