
© Lyrics by Harry Suez Au matin du troisième jour, le curé du village vient prendre des nouvelles de la pauvre mère. Ce curé, qui avait pris l’habitude de culbuter la mignonnette en cure, se dit que la place devait être libre à nouveau. En ce siècle, dans ces campagnes reculées de la France profonde, le curé est souvent le premier représentant de Satan. Ivrogne, paillard et illettré. La bure retroussée à la moindre occasion, le cierge dressé. C’est donc lui, Jérôme Broussard, curé de son état, qui trouve l’enfant à côté du corps roidi de cette pauvre Marie Trapu, née Marie Bourloute. Alors bien sûr, vous vous dites. Alléluia, voilà l’enfant sauvé. Que n’ira-t-il dans quelques douillets orphelinats, nourri, logé et instruit par un jésuite. Je le sais, je l’entends. Je vous réponds, taisez-vous, imbéciles. Et écoutez cette histoire. Ainsi donc, Jérôme Broussard, curé de son état, rentre dans la misérable demeure. Rien ne l’avait préparé à la vision d’horreur qui l’attendait! « Jésus, Sainte-Marie, Mère de Dieu, Saint Joseph, Saint Antoine! » s’exclame-t-il avec un mouvement de recul. La mère, figée dans une posture impie, lui rappelle quelques souvenirs coupables. Et l’odeur, quelle épouvantable odeur! Une odeur qui vous prend au fond de la gorge, comme de la vieille viande hachée, laissée au fond du frigo 2 semaines. Mais oui, vous voyez très bien. Un dimanche, tranquille à la maison, on se dit, « Mmmh je vais me faire un bon chili con carne ». Imaginez bien le moment où, vous régalant déjà en avance, vous ouvrez le paquet. Et là, une vieille odeur dégoûtante vous claque au visage. Et bien, voilà dans quel malheur notre curé se retrouve à mariner.

