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La Langue des Cailloux Blancs

Ils ont passé nos mots à la moulinette Pour en faire des dossiers, des diagnostics nets L’échec est une tache, une erreur de parcours Mais pour moi c’est une sève qui attend son retour. Apprends-moi à tomber comme tombent les feuilles Sans s’excuser du vent, sans que l'orgueil ne s'endeuille C'est le luxe de ceux qui ont touché l'azur Et qui gardent du ciel sur leurs doigts, j'en suis sûr. (Refrain) On n'est pas des machines, on est juste du vivant On n'est pas des chiffres, on est l'ombre et le vent. Échouer avec grâce, ralentir pour voir C'est notre sabotage, notre dernier espoir. Garde ces mots de chair au fond de tes poches Comme des cailloux blancs quand la nuit se rapproche. Dans leur monde qui court après sa propre queue Être lent est un crime, un aveu de paresseux Mais les fleurs ne font pas d'heures supplémentaires Elles prennent le temps d'aimer, de percer la terre. C’est laisser au café le temps de refroidir Aux larmes de couler, aux racines de s'offrir. Refuser la vitesse pour ne pas arriver Trop vite au cimetière, le cœur fatigué. (Refrain) On n'est pas des machines, on est juste du vivant On n'est pas des chiffres, on est l'ombre et le vent. Échouer avec grâce, ralentir pour voir C'est notre sabotage, notre dernier espoir. Garde ces mots de chair au fond de tes poches Comme des cailloux blancs quand la nuit se rapproche. Être fort c’est la pierre, être faible c’est la chair Porter son cœur au bord, à l’endroit le plus clair. Ne fuis pas ton ombre, elle prouve la lumière Ne fuis pas le silence, c’est ta chambre plénière. Ce n’est pas un vide, c’est une présence de soi La politesse de l’âme qui repose ses pas. Il est temps d’oublier leur béton et leurs comptes De réapprendre la langue où la défaite se dompte. Où « perdre » veut dire « naître », où « attendre » est un don Où « n’être rien » enfin, nous rend notre vrai nom. Ce soir, je ramasse nos mots dans la boue Je les polis pour toi, pour qu'ils brillent sur nous. Apprends-moi à choir... avec la grâce des feuilles. Je suis enfin tout, je suis enfin tout. © 2026 Léo Dombre. Tous droits réservés.