
Kingsport s'endort sous un linceul de blanc Je marche seul, étranger au milieu des vivants Les maisons penchent, vieilles de plusieurs siècles Leurs fenêtres observent comme des yeux sans paupières On m'attend pour le rite, pour la vieille tradition Au-delà de la peur, au-delà de la raison. La procession avance sans un bruit Des lanternes pâles percent la nuit Vers l'église en haut de la falaise Où le temps s'arrête et le sang s'apaise. Le Festival ! Le pacte des ancêtres ! Ce qui n'est pas mort ne peut disparaître ! Sous la roche froide, dans les antres du monde La flamme verdâtre nous répond à la ronde ! On descend dans les cryptes, loin sous le niveau des eaux Là où le silence pèse comme un fardeau Des silhouettes encapuchonnées prient le vide Devant un gouffre béant, immense et livide Ce n'est pas du folklore, c'est une vérité ancienne Qui coule dans mes veines, qui brise mes chaînes. Ils arrivent... par-delà les ténèbres... Sur des montures ailées, sur des bêtes funèbres ! Ce n'est pas le ciel qu'ils visent, mais l'abîme ! Le couronnement sacré d'un antique crime ! Le Festival ! Le pacte des ancêtres ! Ce qui n'est pas mort ne peut disparaître ! Sous la roche froide, dans les antres du monde La flamme verdâtre nous répond à la ronde ! Ne regarde pas derrière toi... La neige efface tes pas... Le Festival ne finit jamais.

