
[Intro] (whispered, broken, close mic) Regarde… regarde… regarde… Souris. Sou— souris. Tiens-toi droit. Ne montre rien. Rien. Rien. [Verse 1] J’ai mis ma peau au service du décor, Un peu d’éclat pour déguiser l’effort, J’ai peint mes nerfs sous des velours d’ivoire, Pour ressembler à ce qu’ils veulent bien voir. J’ai pris leurs lois, leurs lignes, leurs liturgies, Le front docile et la voix adoucie, J’ai dit “tout va”, d’un ton presque sacré, Pendant qu’en moi tout grinçait sans parler. Je sers les dents, je tiens, je tiens, je tiens, Comme un portrait que l’on replace bien, Je fais semblant d’habiter mon visage, Mais sous la forme, il n’y a plus que l’orage. [Pre-Chorus] Et ça se serre… Ça se serre à la gorge… Sou— sou— sourire encore… Encore. Encore. [Chorus] J’ai le sourire cousu, cousu, cousu, Le cœur dissous sous le satin tendu, On voit la grâce, on n’entend pas les coups, Je tombe en silence et l’on me trouve beau, surtout. J’ai le sourire cousu, cousu trop court, Le masque est d’or, mais l’homme autour se tord, Plus je leur plais, plus je m’efface au jour, Plus je souris… plus je disparais lourd. [Post-Chorus] (smirked, fractured) Regardez-moi. Moi. Moi. Regardez… comme je vais bien. Bien. Bien. [Verse 2] J’ai fait de moi leur théâtre exemplaire, Une silhouette aux manières sévères, J’entre en lumière avec l’air assuré, Puis je m’effondre au fond des coulissés. J’apprends la pose, l’inclinaison, le geste, La belle réponse et la pudeur funeste, Je sais le mot qu’il faut servir aux vivants, Même quand la fièvre me dévore les flancs. Sous chaque bande un cri tourne et s’acharne, Une ironie vive, un rire qui me fane, Je mens si bien que j’entends dans ma voix Quelqu’un qui joue quelqu’un qui n’est plus moi. Je suis poli, précis, presque parfait, Par— fait, fait, fait… déjà défait, Je me répète, et la répétition Fait de mon nom une lente corrosion. [Pre-Chorus 2] Et ça s’agace… Ça grésille et ça casse… Sou— sou— souris plus fort… Plus fort. Plus fort. [Chorus] J’ai le sourire cousu, cousu, cousu, Le cœur dissous sous le satin tendu, On voit la grâce, on n’entend pas les coups, Je tombe en silence et l’on me trouve beau, surtout. J’ai le sourire cousu, cousu trop court, Le masque est d’or, mais l’homme autour se tord, Plus je leur plais, plus je m’efface au jour, Plus je souris… plus je disparais lourd. [Bridge] (spoken-sung, theatrical, unstable) Applaudissez. J’ai bien tenu ma figure. Admirez la couture. La courbe. L’allure. La blessure. (voice rising) J’ai tant poli la moindre cassure Que ma douleur ressemble à l’aventure, J’ai tant servi la forme et l’apparence Que mon silence a pris toute la scène. (glitched, obsessive) Scène… scène… scène… Je saigne sous la scène. Belle apparence. Sale absence. Danse. Danse. Danse. [Breakdown] (low, close, trembling) Sous le visage… Sous le visage… Il n’y a plus de repos. Sous le visage… Sous le visage… Il n’y a plus que l’écho. (heavier) Je me regarde me taire dans le miroir, Je me regarde obéir sans plus vouloir, Je me regarde aimer ce qui m’enterre, Comme si le faux devenait nécessaire. [Final Chorus] J’ai le sourire cousu, cousu, cousu, Comme une prière au fil rouge perdu, On baise mes mains quand elles saignent dessous, On nomme ça “grâce” pour ne pas voir d’où tout s’égoutte. J’ai le sourire cousu, cousu à mort, Le masque est roi, le reste est mis dehors, Plus je rayonne et plus je me découds, Plus ils m’acclament… plus je me vide en dessous. J’ai le sourire cousu— sou— sou— cousu, Le front tendu, le regard retenu, Je fais merveille au bord du précipice, Avec du rouge à la place du supplice. [Outro] (whispered, collapsing, half-laughing) Souris. Souris encore. Encore. Encore. Tu vois ? Ils t’aiment… Quand tu ne respires pas trop fort.

