
[Couplet 1] Le glucose coule comme une rivière claire, Monnaie du corps, étincelle dans la lumière. Le cerveau, phare au bout du quai, N’a pas de greniers, il doit être abreuvé. Le pancréas écoute le vent qui monte, Insuline en chef d’orchestre qui raconte : “Entrez, muscles; adipeux, soyez patients, Le foie, ce soir, ferme ses robinets lentement.” [Refrain] Ce ne sont pas les pics qui mènent la danse, Ni les montagnes russes en permanence. Chez les cœurs sains, la mer est plutôt plate, Près de cent, la houle s’écrase et se rabatte. Entre soixante-dix et cent quarante, La vie tient sa note, douce et constante. Ce n’est pas si simple, jamais un seul coupable, La faim a d’autres clés, d’autres fables. [Couplet 2] Quand ça grimpe trop haut, on dit hyper, Mais souvent c’est bref, un simple éclair. Quand ça chute trop bas, tambours intérieurs, Sueurs, tremblements, l’alerte au cœur. Parfois après un festin sucré qui file, La vidange est rapide, la pluie devient torpille, Les messagers du ventre crient trop fort, Et la vague redescend plus vite que son essor. [Pont court] Parfois le jeûne qu’on casse en confiseries, Ou l’alcool sucré qui brouille la mélodie, Ajoute au tumulte un faux vertige, Et la faim s’emballe, le geste corrige. [Refrain] Ce ne sont pas les pics qui mènent la danse, Ni les montagnes russes en permanence. Chez les cœurs sains, la mer est plutôt plate, Près de cent, la houle s’écrase et se rabatte. Entre soixante-dix et cent quarante, La vie tient sa note, douce et constante. Ce n’est pas si simple, jamais un seul coupable, La faim a d’autres clés, d’autres fables. [Couplet 3] C’est souvent la descente qui pique la faim, Le nadir qui murmure “reviens, reviens”. On surcorrige, on noie le signal, Quand une gorgée suffisait au journal. Et chez certains corps alourdis d’hivers, Le même frisson appelle plus de verres, Mais au bout du compte, c’est le long chemin, La balance des jours qui décide du destin. [Couplet 4] Bouger, c’est ouvrir sans clé la porte, Le muscle boit le sucre qu’il emporte. Une marche au seuil, trois étages gravis, Et les pointes s’émoussent dans l’après-midi. À l’inverse, quand la vague reste haute, Le corps se fait lourd, le canapé dévote, Moins on se lève, plus la mer se cabre, Cercle vicieux aux mailles macabres. [Pont] N’écoute pas que les fantômes du ventre, Mesure la marée avant de te méprendre. La faim n’est pas toujours un appel du vide, La fatigue, pas toujours une corde acide. Regarde plus large : sommeil, saison, Stress et repos, gestes et maison. Les greniers du foie, les pas qu’on sème, Font plus que l’ombre d’un seul emblème. [Couplet 5] Et si la mer monte chez ceux du diabète, Les vagues sont grandes, la plage inquiète. Pourtant même là, la carte est entière : Repas, mouvements, nuits bonnes ou amères. L’insuline n’est pas sorcière ni bourreau, Juste un phare dans l’orage, un métronome d’eau. Le corps, un port, mille feux à la fois, L’équilibre se tisse au fil de la soie. [Refrain final] Ce ne sont pas les pics qui mènent la danse, Ni les montagnes russes en permanence. Chez les cœurs sains, la mer se tient, stable, Entre 70 et 140, ligne aimable. Ce n’est pas si simple, jamais un seul coupable, C’est le tout du tout, la trame véritable. Près de cent, battement régulier, Et la vie respire, mesure et léger. [Outro] Quand la vague te parle, tends-lui l’oreille, Mais prends le pouls, regarde le soleil. Là où l’on croit au sort d’un seul messager, C’est tout un chœur qui vient te porter.

