
MA CLAIRIÈRE [Intro — soft acoustic guitar, distant fiddle, wind in the grass] [Verse 1 — light, flowing] Je courais dans les herbes hautes, le vent emmêlé dans mes pas. Je connaissais toutes tes branches, tous les chemins qui mènent à toi. J’y venais sans même y penser, comme on revient là où l’on respire. Je croyais aimer ma liberté… Je ne savais pas que je t’aimais autant. [Pre-Chorus — music opens slowly] Puis un matin, je t’ai regardée. Vraiment regardée. Et soudain tout avait changé. [Chorus — warm, soaring] Oh, ma clairière, je ne savais pas que j’aimais tant la lumière quand elle tombait sur toi. Parmi tous les chemins, tous ceux que je pouvais prendre, c’était toujours vers toi que j’avais envie de revenir. Oh, ma clairière… je crois que depuis longtemps, j’étais déjà chez moi. [Instrumental — fiddle and soft percussion, sense of running] [Verse 2 — brighter at first] Alors j’ai couru comme avant, le cœur plus léger que le vent. Un bond, puis deux, sans regarder vraiment. Puis quelque chose sous ma patte s’est plié doucement. [Break — instruments cut] Une fleur. Quelques pétales. [Silence] C’était moi. [Verse 2B — fragile, close vocal] Je ne l’avais pas vue. Je n’avais pas voulu. Et tout à coup mes petites pattes m’ont paru bien trop grandes. Moi qui courais sans réfléchir, je n’osais presque plus avancer. Parce qu’on a peur de faire du mal quand on comprend enfin combien on peut aimer. [Chorus — softer, restrained] Oh, ma clairière, je ne savais pas qu’aimer autant ta lumière me ferait trembler comme ça. Moi qui courais sans regarder, je retiens maintenant chacun de mes pas. J’ai peur de laisser mes traces dans l’endroit où je voudrais rester. [Bridge — almost whispered, minimal instrumentation] Alors je suis resté au bord. Une patte levée. Puis le vent est passé. Il a plié les fleurs, secoué les branches, emporté quelques feuilles. Et pourtant… rien n’avait disparu. [Build — fiddle returns, strings slowly rising] Une fleur s’est relevée. Puis une autre. Et j’ai compris : prendre soin de toi ne voulait pas dire rester loin de toi. [Final Chorus — full orchestral lift] Oh, ma clairière, maintenant je sais qu’on peut aimer les fleurs sans avoir peur de les frôler. Je regarderai où je cours, j’apprendrai chacun de tes chemins. Mais je ne laisserai plus la peur retenir tous les miens. Oh, ma clairière… si je laisse quelques traces, qu’elles racontent seulement que j’ai vécu ici, que j’ai ri ici, et que j’ai aimé chaque instant passé près de toi. [Outro — instruments fall away, only guitar and wind] Une patte. Puis l’autre. [soft smile in the voice] Et le vent a recommencé à courir avec moi.

