
Elle m’a dit que j’étais tellement con Que si la connerie était un sport, J’aurais déjà les Jeux olympiques Et la médaille d’or. Elle m’a dit que j’étais tellement vieux Que quand je raconte mes souvenirs, Même les dinosaures me disent : « Arrête, tu nous fais passer pour des jeunes. » Elle m’a dit que j’étais tellement radin Que quand je donne l’heure à quelqu’un, Je lui demande de me rendre Les secondes qu’il vient de me prendre. Elle m’a dit que j’étais tellement moche Que mon miroir ne se contentait plus De se casser tout seul : Il avait demandé sa mutation. Elle m’a dit que j’avais tellement de ventre Que quand je mets une chemise, Les boutons ne ferment pas… Ils négocient. Elle m’a dit que… Elle m’a dit que… J’ai beau chercher la réponse, Elle en trouve toujours une de plus. Elle m’a dit que… Elle m’a dit que… À chaque fois que j’ouvre la bouche, Elle gagne un point de plus. Elle m’a dit que j’étais tellement lent Que même quand je réfléchis À ce que je vais répondre, La conversation est déjà terminée. Elle m’a dit que j’étais tellement poilu Que quand je vais chez le coiffeur, Il me demande si c’est pour la tête Ou pour tout le reste. Elle m’a dit que j’étais tellement nul en cuisine Que même mes œufs au plat Cherchaient un autre cuisinier. Elle m’a dit que j’étais tellement mauvais danseur Que quand je fais un pas de côté, La musique appelle les secours. Elle m’a dit que j’étais tellement mauvais chanteur Que même sous la douche L’eau coule plus fort Pour ne pas m’entendre. Elle m’a dit que j’étais tellement maladroit Que si je portais un casque Pour éviter les accidents, Je finirais par me cogner avec le casque. Elle m’a dit que j’étais tellement bordélique Que même mon bordel Avait besoin d’un plan pour s’y retrouver. Elle m’a dit que… Elle m’a dit que… J’avais moins de logique Qu’un grille-pain dans une baignoire. Elle m’a dit que… Elle m’a dit que… Même quand j’avais raison, J’arrivais à me tromper. Un soir je lui ai demandé : Mais enfin, pourquoi tu restes avec moi Elle m’a regardé cinq secondes Sans même sourire. Puis elle m’a dit : Parce que t’es tellement con Que personne d’autre ne voudrait de toi. Et puis faut bien quelqu’un Pour sortir les poubelles.

