
La mer étend son manteau bleu Sous les lanternes du ciel d’hiver, Et les étoiles, silencieuses, Tombent doucement dans l’eau claire. Le vent traverse les falaises Comme un vieux chant venu du temps, Il porte des parfums de voyage, De sel, de pluie et d’océans. Les vagues roulent sur les rochers Leurs longues prières écumées, Et moi je marche sur la plage Avec la lune pour témoin, Cherchant mon ombre dans le sable Que la marée reprend au loin. Refrain Oh mer immense aux yeux d’argent, Toi qui connais le cœur des hommes, Tu caches dans tes courants blancs Les souvenirs que l’on abandonne. Océan noir, océan bleu, Berce les peines et les voyages, Fais danser nos âmes un peu Comme des voiles dans les orages. Et quand le monde devient trop froid, Quand les saisons blessent les rêves, J’entends les vagues près de moi Chanter l’amour que rien n’achève. Au loin les phares sont des flammes Qui tremblent au fond de la nuit, Comme des yeux pleins de courage Pour les bateaux perdus sans bruit. Je me souviens des ports anciens, Des filets lourds et des marées, Des voix qui chantaient dans les tavernes Pour oublier les jours passés. Les vieux marins parlaient des îles Où les sirènes dorment encore, Là où le soleil vient se perdre Dans les jardins comme décor. Pont La mer connaît nos cicatrices, Nos départs et nos grands silences, Elle garde au fond des abysses Les secrets lourds de nos absences. Chaque vague emporte une peine, Chaque écume un rêve oublié, Et les tempêtes dans nos veines Ressemblent aux vents de l’été. Parfois la nuit devient si vaste Que le ciel semble un océan, Les étoiles sont des navires Qui dérivent doucement dedans. Alors je ferme un peu les yeux Pour écouter battre les marées, Comme un immense cœur sauvage Sous les falaises fatiguées. Et j’imagine au bout du monde Un rivage encore inconnu, Là-bas les vagues seraient calmes, Le temps marcherait lentement, Refrain final Oh mer immense aux mains de sel, Toi qui fais naître les aurores, Garde nos rêves éternels Dans la lumière de tes ports. Océan vaste et sans frontière, Emporte au loin nos nuits fragiles, Fais de nos peines des lumières Sur les horizons immobiles. Et si demain doit finir, Si le vent change de rivage, Que mon cœur reste à revenir Vers toi, la mer et tes mirages

