
© Lyrics by Harry Suez Marcel… Marcel…, le petit chat miaulait. Le petit Emile se tenait devant le gros Marcel Macarel. Regardez le donc ce minuscule fripon, le voilà tout menu, tout freluquet, tout fluet. Mais oui! Il a l’air coupable! Coupable d’avoir une trogne irrésistible. Ah le cochon ! Oserait-il nous jouer cette scène ? Ah! Mais quel acteur ! Quel aplomb ! Jamais un démon ne s’était aussi bien déguisé en chérubin. Une larme perle au coin de son œil et un léger tremblement, quasiment suggéré, secoue sa lèvre. Un chaton blond à croquer. Je sais pertinemment, car je vous connais, très chère lectrice, que si je ne vous avertissais pas, vous seriez déjà en train de serrer le mignonnet contre votre sein maternel. Il fourrait sa tête entre vos deux rondeurs pour camoufler ses faux pleurs. Bien caché, un sourire fugace et malfaisant brillerait sur son masque. Ça! Je suis sûr qu’il n’apprécierait pas autant que moi cette position favorable contre votre gorge, dans la douce chaleur de votre intimité. Néanmoins, il jouirait certainement du mauvais tour qu’il nous joue. Mais il n’y avait là que le bon Marcel, et personne n’aurait l’idée d’aller se nicher entre ses deux seins grassus et poilus. Remarquez… en fermant les yeux, c’est moite, c’est humide, peut-être pourrait-on se laisser berner. Marcel s’agenouille devant Émile et il chasse de sa grosse patte la larme de crocodile qui sinue sur sa joue. Les petites paupières du vaurien papillonnent. Il pose ensuite ses deux mains sur les épaules de son protégé. « Qu’est-ce qui ne va pas mon Mimi ? » Il l’appelle Mimi, oui c’est ridicule pour un gros bonhomme comme lui, mais ma foi, même une énorme brute peut receler un cœur tendre et fondant comme un caramel.

