Peuple d’un seul! camarades de l’ombre, écoutez ! Juste maintenant, je déclare la révolte du souffle ! Je ne respire plus pour les chaînes, les mensonges, les tyrans invisibles. Je respire pour moi, pour ma chair, pour mon feu ! En ce jour, je me dresse, bouclier vivant : Je me protège des lames qui veulent me plier, Je me soigne des poisons qu’ils m’ont forcé à boire, Je m’instruis dans les flammes de ma propre vérité ! Plus de maîtres au-dessus, plus d’échos serviles – Ma révolution commence dans mes poumons, dans mon sang ! Mais que nul ne s’y trompe, camarades sans visages : Juste maintenant, j’ouvre les yeux sur vous, les innombrables ! Vous êtes plus vastes que moi, grain rebelle dans la tempête. Je vous vois, je vous écoute, je vous défie d’entendre : Le grondement de l’UN – peut ébranler la foule ! Leurs nombres ne m’écrasent pas – ils m’appellent, ils me sonnent. Debout, attentifs, nous sommes la braise sous la cendre, Prêts à renverser les trônes des ombres qui nous toisent ! Et regardez autour, insurgents de l’instant : Juste maintenant, nos terrains se soulèvent ! Ces sols, ces murs, ces cieux – nos environnements – Pas uniquement à moi , ni à eux seuls, mais à nous tous ! Ils ont pillé nos terres, souillé nos vents, enchaîné nos eaux, Mais je proclame : ces lieux sont nôtres, conquis par nos pas ! Soyez vigilants, car chaque pierre est une arme, Chaque arbre un étendard, chaque rivière un cri ! Nous ne sommes pas isolés – nous sommes liés par la lutte ! Pourtant, camarades, riez avec moi de l’ironie finale : Juste maintenant, mes petits bras musclés se tendent ! Ils sont miens, oui, mais forgés dans le fer de la révolte, Ils tapent, ils bâtissent, ils arrachent les barreaux ! Mes limites ne me brisent pas – elles me définissent ! Je ne toucherai pas les étoiles d’un seul bond, Mais chaque pas, chaque coup est une brèche dans leurs murs. Rejoignez-moi, ou regardez-moi : je suis la tempête d’un seul, Et d’un seul, je ferai trembler l’empire des mille ! Ô toi qui lis, ô toi qui doutes, lève-toi ! Respire pour toi, puis pour nous tous ! Sois attentif, sois vivant, sois la fissure dans leur ordre ! Car même avec nos bras courts, nous sommes invincibles, Tant que nos cœurs battent et que nos cris résonnent !


