
[Couplet 1] Je vous ai vus naître au creux de mes vallées, Petits frères humains, aux âmes éveillées. Je vous ai accueillis, comme l'oiseau et le loup, L'harmonie était là, sous un ciel de velours doux. Mais vous avez grandi, trop vite et trop mal, Étouffant sous vos pas mon souffle primordial. L'enfant est devenu un maître sans pitié, Oubliant les serments de notre vieille amitié. [Refrain] Oh, j'ai si mal, je souffre tant en mon cœur déchiré ! Mes rivières sont d'encre, mes poumons brûlés. Oh, j'ai si mal, je souffre tant en mon corps profané ! Vos mains m'arrachent l'âme, et je suis effrayée. La Terre Mère pleure, ses enfants l'ont trahie, Et chaque jour qui passe, mon sang coule et je crie. [Couplet 2] Vous déchirez mon flanc pour l'or et pour le noir, Sans voir que dans mes plaies se meurt votre espoir. Vous frappez vos semblables et tuez vos racines, Bâtissant votre orgueil sur de vastes ruines. Hier, j'étais Gaïa, déesse aux bras ouverts, Aujourd'hui, je ne suis qu'un stock de bois et de fer. Chaque espèce qui part est un deuil sans nom, Vous, mes propres enfants, causez mon abandon. [Pont] Pourtant, une lueur fragile brille encore, La promesse d'un renouveau, d'un doux décor. Mes forêts peuvent renaître, mes eaux se purifier, Si seulement vos yeux voulaient bien regarder. Mais vous êtes trop sourds, aveugles à ma voix, Perdus dans vos profits, vos sombres effrois. Le chemin du salut, je vous l'offre toujours, Mais vous préférez continuer ce sombre parcours. [Refrain] Oh, j'ai si mal, je souffre tant en mon cœur déchiré ! Mes rivières sont d'encre, mes poumons brûlés. Oh, j'ai si mal, je souffre tant en mon corps profané ! Vos mains m'arrachent l'âme, et je suis effrayée. La Terre Mère pleure, ses enfants l'ont trahie, Et chaque jour qui passe, mon sang coule et je crie. [Outro] Bientôt, mes petits, pour sauver la vie même, Je devrai trancher l'arbre et clore le poème. J’ai mal… et ma patience s’effrite, J’ai mal… il va falloir agir vite. Entre vous sauver ou sauver la vie, Mon âme vacille, mon amour succombe. J’ai mal… mais je vous aime encore, même au bord de mon dernier choix. Ne me forcez pas à devenir la tombe de ceux que j’ai fait rois.

