
Un premier rendez-vous, moment si délicat Sans beaucoup d’expérience, l’appréhension au cœur Ce petit pincement je l'avais eu avant Pour d’autres bien moins fraîches, sans vouloir offenser Mais tu m’attendais là, pudique sous un grand drap Le hasard nous croisait, les deux sous ce néon Et le particulier de nos premiers moments S’écrivit sur bristol, sous un grand numéro J’avais su ton histoire avant de te connaître Et soulevait le voile avec appréhension Puis chaque centimètre qu'alors je dévoilait S’infiltrait dans mon ventre et aspirait mon souffle Le calme de tes traits si bien proportionnés Comme cette Aphrodite qu’on dit de Bouguereau Et tes lèvres pâles qui semblaient s’avancer Et ces paupières très douces à peine refermées Le tissus découvrait tout d’abord une épaule Et puis le haut d’un sein si blanc et si menu Des bras musclés et fins et de très longues mains Posées le long du corps sur le froid de l’inox Je me mis à parler, mais tu étais distraite Tant de choses nouvelles, j’ai peur que tu t’effraies Je voudrais l’art de ceux qui font passer les seuils Et pouvoir te bercer et cajoler ton âme Mais de ton corps sculpté et comme reposé Exhale cette force, une énergie joviale Qui coule dans mon esprit et me donne l’entrain C'est toi qui prend ma main pour que je te prépare C’est donc par ta patience, maintenant infinie Et comme mis en trance, profond recueillement Que je fais mon office et t’apprête au mieux Valorise ta beauté et te vide des fluides Ces lumières trop fortes, qui brisent l’intimité Donnent à ton nettoyage une touche indécente Mais tu me remercies de tes mots silencieux De mes deux yeux aimants toi qui aimait tant plaire Alors je combats toute fausse pudeur Et reprend le regard de celui qui admire Ta fine contexture, tes hanches arrondies Les courbes de tes cuisses et puis ton mont saillant Si je te manipule et suis encore bien gauche C’est que mon corps rêvait que tu suivais ses gestes Qu’un moment seulement tu oubliais ta mort Pour honorer le temps d’une magnifique pose.

