On rit des vieux jours Comme s’ils avaient été plus légers qu’ils ne l’étaient Le sel sur nos mains, le doute dans nos têtes À apprendre à la dure… à chaque détour On a grandi fatigués, on a grandi dans le dur Avec du matériel emprunté et presque rien Les tempêtes nous ont appris à tenir debout Quand la mer n’en avait rien à faire Certaines nuits nous ont brisés en silence Certaines victoires semblaient trop lointaines Mais chaque cicatrice est devenue une carte De ce que nous sommes vraiment On ne savait pas ce qu’on poursuivait Juste qu’on ne pouvait pas rester Portés par la marée, pas par la peur Toujours en vie, toujours debout On n’a pas besoin de connaître la fin Juste l’élan… et ceux qui sont là Portés par la marée ce soir Les mêmes étoiles, une lumière différente Si on est perdus, on l’est ensemble Libres comme l’eau… liés par le vent Entre les lignes et les blagues cassées On raconte nos vies à demi-mots Les enfants, les regrets, les routes manquées Les rêves qu’on n’a jamais osé réparer Certains poissons fuient, certains souvenirs restent Certaines vérités ne s’effacent pas La mer entend ce qu’on ne dit pas Et le garde pour elle Portés par la marée, par les années Par ce qu’on n’a pas su diriger Ce qu’on a perdu, ce qu’il reste Chaque joie, chaque épreuve Peut-être qu’on ne court pas après l’or Peut-être que c’est ce silence qu’on garde Quand les moteurs s’éteignent et que les voix tombent Et que l’eau commence à briller On relance encore, on sourit grand Pas pour le gain — pour le chemin Portés par la marée, mon ami Sans se retourner, sans faire semblant Quoi qu’il arrive, on ira doucement Laisser le courant tracer la route L’eau continue d’avancer… Et nous aussi.