
[verse 1] Monsieur le directeur des ressources humaines Je sais que ma missive est très loin d’être vaine Je ne l’ai pas écrite en serrant mon rosaire Je l’ai faite avec joie, ma bouteille à la mer Oui je suis motivé par l’esprit qui entoure Le moindre pan de mur, et poussé par l’amour Je veux bien sacrifier ma vie et ma famille Et rien que d’en parler, j’en ai les yeux qui brillent Je suis prêt à venir de jour comme de nuit Pour prouver ma vaillance en soldat de l’ennui Et pour mes résultats en combat légitime Je suis prêt à mourir pour mériter mes primes » « Monsieur le directeur » c’était un bon début Mais comme chaque lettre a fini au rebut Malgré tous mes efforts pour m’affubler de gloire Mensonges ? Non, des faits un brin compensatoires Demain j’essaie de dire un peu ce que je pense « Je suis là pour l’argent le reste m’en balance Les maths j’ai arrêté aux multiplications Question pour un moyen plus que pour un champion Mes défauts ? Bien trop long de les compter, en somme J’ai capillotracté tous mes curriculum Mon seul vrai loisir c’est le Dieu Télévision J’essaie la lettre –enfin- de démotivation » [verse 2] « Monsieur le directeur des Ressources Humaines » Merci d’avoir daigné remplir ma coupe pleine Non je ne prends pas mal la forme ni le fond La confiture est bonne et je suis un cochon J’ai bien compris c’est sûr tout le mal que vous eûtes A m’écrire ces mots. Me jouer de la flûte Aurait mieux convenu à la situation. Excusez-moi du peu pour ma déduction J’ai bien compris, je crois, qu’au trophée des grands hommes J’ai gagné sans encombre un prix de bonne pomme C’est ce que vous nommez un cœur dur à l’ouvrage Désolé, je traduis, comprenez-moi c’est l’âge J’ai bien assimilé que l’on m’a remercié Bien plus que si j’avais sauvé mille noyés « Génial, parfait, un saint », mes pieds, je crois bouffissent Jamais mon âme n’a été un jour plus lisse Alors je vous prierai d’être plus assertif Et d’arrêter, en deux, de me couper les tifs Je vous propose un simple mais bien plus louable Jeu de la vérité, des cartes sur la table « On s’en fout, mais alors !!! Des collaborateurs Des gens sur le carreau ? Mille ? Même pas peur !!! J’ai la conscience en berne ? Alors, je sais, tant pis !!! » Essayez donc la lettre de D C D I [Verse 3] Monsieur le directeur des Ressources humaines Je viens vous rencarder de mes recherches vaines J’avais pourtant tout fait comme vous m’aviez dit Pour prendre à bras le corps le cours d’une autre vie J'avais pourtant laissé mes espoirs de côté Et mon ancien CV qui sentait le pâté J'avais pourtant passé, bien traversé la rue Mais le boulot me cherche, et il ne m'a pas vu A peine, j’exagère, à peine j’ironise Puisque rien ne va plus, que le rien est de mise Puisque je suis fainéant à ne plus en pouvoir C'est enfin ce que disent les messieurs au pouvoir Ce que je voudrais faire, en fait ? Mais oserai-je ? Faire comme Mozart, découvrant le solfège Après cent quatre-vingt représentations Je voudrais juste bosser, qu'elle est bonne, la question Monsieur le Directeur des Ressources Humaines Au prochain rendez-vous, sans la jouer « Chimène » Je n'irai pas m'assoir car oui c'est superflu Je resterai debout, car j’ai trop mal au

