## INTRO (vinyle qui crépite — pluie — saxophone lointain) Osaka, 1957… Les néons saignaient dans les flaques d’eau… Les types comme moi vivaient la nuit… Et les filles comme elle… les rendaient dangereuses. ⸻ ## COUPLET 1 La pluie tombait sur les vitres du bar Néons rouges noyés dans le brouillard Moi j’parlais peu, costume noir impeccable Le genre de type calme mais jamais vraiment fréquentable Toi t’avais ce rire qui dérange les silences Des bottes usées pleines d’insolence Trop d’whisky, trop d’clopes entre les doigts Et tout l’quartier s’retournait quand tu passais par là Tu bricolais des radios dans l’arrière-boutique Entre vieux jukebox et rock américain électrique Pendant qu’les yakuzas jouaient les rois du quartier Toi t’leur riais presque au nez sans jamais reculer Et moi j’te regardais comme un condamné Comme un homme déjà foutu avant même d’avoir essayé Parce qu’au fond d’mon regard vide et fatigué T’étais la première chose vivante que j’voyais ⸻ ## REFRAIN LOLA… Toi sans qui je me sens vide Comme un paquet sans cigarette au bord du vide LOLA… Mon contraire et mon pareil La seule capable d’faire trembler mon soleil LOLA… Quand tu ris le monde respire Quand tu stresses j’ai l’impression du pire LOLA… Même les vieux voyous autour de nous Ont l’air moins morts quand tu danses comme une folle au milieu d’eux tous ⸻ ## COUPLET 2 On roulait toute la nuit dans Osaka Vieilles américaines et moteurs qui craquent sous nos pas Whisky japonais au fond d’la gorge brûlée Pendant qu’les enseignes bleues continuaient d’clignoter Tu vivais trop vite Moi j’vivais déjà trop tard Toi t’étais la tempête Moi juste un vieux film noir Puis Chicago nous a ouvert ses bras sales Bars italiens, jazz triste et affaires illégales Je rentrais parfois couvert du sang d’un autre homme Et toi t’étais défoncée à fixer l’plafond du salon On s’aimait mal Mais putain c’qu’on s’aimait fort À s’brûler l’cœur jusqu’au lever de l’aurore Assiettes cassées, cigarettes et cris Puis nos corps qui s’retrouvaient au milieu de la nuit ⸻ ## REFRAIN LOLA… Toi sans qui je me sens vide Comme un paquet sans cigarette au bord du vide LOLA… Mon contraire et mon pareil La seule capable d’faire trembler mon soleil LOLA… Quand tu ris le monde respire Quand tu stresses j’ai l’impression du pire LOLA… Même les vieux voyous autour de nous Ont l’air moins morts quand tu danses comme une folle au milieu d’eux tous ⸻ ## COUPLET 3 Le L parce que t’es belle même dans le chaos Le O pour les torrents si un jour tu pars trop tôt L’autre L pour l’ombre et la lumière dans tes yeux Tes défauts, tes drames, tout c’qui m’rend amoureux Le A parce que tu m’attires comme un aimant Comme une dernière cigarette qu’on rallume lentement Et moi j’voudrais juste finir vieux près d’toi Même si notre histoire finit sûrement mal quelque part Tu lisais en moi comme un livre ouvert Sous les cicatrices et la colère Et sans toi j’ne suis plus grand-chose au fond Qu’un type perdu dans la fumée d’un mauvais bourbon Alors serre-moi fort quand la nuit devient froide Quand les sirènes résonnent dans les avenues humides Parce qu’au fond malgré les balles et les erreurs T’es la seule qui arrive encore à faire battre mon cœur ⸻ ## REFRAIN FINAL LOLA… Toi sans qui je me sens vide Comme un paquet sans cigarette au bord du vide LOLA… Mon contraire et mon pareil La seule capable d’faire trembler mon soleil LOLA… Quand tu ris le monde respire Quand tu stresses j’ai l’impression du pire LOLA… Même les vieux voyous autour de nous Ont l’air moins morts quand tu danses comme une folle au milieu d’eux tous ⸻ ## OUTRO (saxophone triste — pluie — moteur qui démarre au loin) LOLA… Les néons meurent doucement dans la nuit Et moi j’cherche encore ton rire dans la pluie LOLA… Même l’enfer paraît moins froid parfois Quand une fille comme toi regarde un homme comme moi (vinyle qui ralentit…)