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Hold on !, ch. 5, partie 2 (Version soul gospel)

V6

Heureusement, le maître du gouvernail rugit fermement pour garder le cap HOLD ON ! Ça y est, il remet ça ! Alors, par réflexe, je ferme les yeux, tends les bras, façon *Wonder Woman, j'absorbe le choc à la place des flotteurs, qui vrillent sur eux-mêmes en esquivant de justesse la coque immaculée. J'ouvre des yeux émerveillés, le nez collé à la coque, qui, vue de près, ressemble à l'univers étoilé ! Aux innocents les mains pleines. Nous sommes protégés par l'immaculée conception ! Merci Marie, pleine de grâce et de paillettes, protectrice des marins ! Le type du port arrive en zodiac et nous lance : Bon, les guignols, on va vous tracter. Le Viking attrape l'amarre au vol et, dès qu'il chope le vent, lâche le bout et se met à manœuvrer à la vitesse de l'éclair, puis me dépose illico sur le quai. WAIT HERE ! C'est déjà fini ? Ou bien… j'ai pas compris le concept ? Et il repart direct tester son bateau dans le port, avant de prendre le large. Je le regarde faire ses manœuvres de *ouf* avec une grâce insoupçonnée ! Virages à 180 degrés, prise au vent parfaite, glisse féline en équilibre sur un seul flotteur… Le bateau craque, mais résiste. C'est à ce moment précis que je réalise qu'il est né sur un drakkar ! Enfant de la mer, navigateur dans l'âme, il parle au vent et dompte les flots. C'est-un-pro ! Il revient me chercher et me sourit avec la nonchalance d'un vieux briscard des océans, tout content d'avoir pu jouer avec son nouveau drakkar à deux coques, au milieu de ce mistral à décorner les bœufs. Je le regarde bouche bée, prête à ce qu'il me signe un autographe. Totalement rassurée, je m'en remets les yeux fermés à mon Tabarly\* nordique, qui commence vraiment à ressembler à mon rêve nomade. Mon cœur romanesque se remet à battre… On sort du port… Et là, d'un coup : mistral plein pot ! Le bateau vole, littéralement ! Sans harnais, agrippés à un bout de rappel, on est suspendus à notre destin ! On plane. On rit. On crie… Eu-pho-riques ! YES ! THIS IS LIFE ! Yes ! No brakes ? Temps suspendu. 100 % adrénaline. Le kiff total ! Les vagues, le vent, la vie ! Ça fouette, ça mouille, c'est grisant ! J'a-dore ! C'est l'aventure ! Mon cœur s'emballe, la joie m'envahit, JE SUIS… LIBRE !!! Mon skipper du Grand Nord est dans son élément. L'air marin lui va si bien. Il me sourit et m'embrasse fougueusement. Mamma mia, que j'aime ce goût d'iode ! Je vis mon rêve ! Je tombe amoureuse direct. Aucun film romantique n'égale mon bonheur ! Il n'y a pas plus *flamby* que moi sur la mer. Le corsaire a l'air conquis, incroyable ! Trop fière ! Heureusement, à cette vitesse, personne ne remarque rien. De loin, le *hobbit-cat* ressemble à un flash blanc, qui passe et repasse, incliné sur un seul flotteur, avec deux contrepoids en équilibre précaire, qui s'envolent à chaque vague. On s'é-clate ! Au bout d'une heure de vitesse, avis de tempête. Le temps se gâte, la pluie nous chicote. Trempés et survoltés, on commence à avoir froid. Ok. On rentre. Pas de place au port. Pas de corde. Pas de plan. Les pèlerins du grand large, qui ont bravé les océans, rentrent à terre tout mouillés ! On finit à trois sur la plage, avec un type du coin, à pousser ce foutu cata sur le sable. Léger comme un goéland de 250 kg, il a envie de repartir en mer. Il est fait pour la vitesse, les raices, les régates. À l'arrêt, ce n'est plus qu'une coquille vide, ballottée par le vent. Si les vagues le poussent trop fort, il se fracasse ! L'écoute a cassé, la voile flappe et fouette l'air avec un bruit sec et répétitif, comme un drapeau qui claque. Le colosse nordique lutte pour ne pas se prendre une gifle aller-retour et perdre le contrôle du navire. Balayée par des rafales à 30 nœuds, la voile se rebelle et lui glisse entre les mains. Mais l'héritier d'Odin est plus têtu qu'elle et la serre entre ses tenailles pour remplacer l'écoute avant la cata. Pendant ce temps, avec le type du coin, on maintient le bateau secoué par les vagues. Il a l'air de savoir ce qu'il fait. Alors je fais pareil. Finalement, rien ne résiste à la force du Viking. Il saute dans l'eau et, tous les trois, on pousse de toutes nos forces, en luttant contre le courant, pour remonter le bateau sur la plage. Épuisés, trempés, essoufflés, le hobbit-cat est sauvé sans une égratignure ! Le skipper des Digues Intrépides me regarde, tranquille, et me sort : Well… maybe we can't use it that much? Une mouette passe : Kaii= Absurde ! Je souris, Maybe, Baby… Indeed, Unforgettable. Retour au camping. Ivres de mer, ivres d'amour, ivres de vie ! Petit débriefing, en sirotant une bière, sur notre première aventure amoureuse à 100 km à l'heure. On rit avec tendresse des situations absurdes partagées, sur fond de mistral et de quiproquos linguistiques. What is “hold on” ? Main plate. hold on À ne pas confondre avec : — main crochue. catch