
Les mots ne font plus de musique. La poésie s’est retirée. —-- Les mots sont vides. Ils bougent à peine, l'oeil stupide, la bouche ouverte. Certains mots se sont enfuis, beaucoup sont morts. On déplore bien des pertes. Ceux qui restent ont le teint morne et les mains sales. —-- La poésie s'est fait la malle. Les mots sont sans musique. Ils ont mal. —-- Ils s'alignaient hier dans l'ordre chaotique de la poussière quand la lumière souffle dessus. Ils chantaient dans le vent qui leur passait dedans, qui les envolait, souvent… Ils s'alignaient hier dans l'ordre chaotique de la poussière quand la lumière souffle dessus. Ils chantaient dans le vent qui leur passait dedans, qui les envolait, souvent… —-- Mais c'était avant. C'était autrefois. Aujourd'hui ils ont froid, ils sont laids, inutiles. Ils n'arrivent plus à s'entendre, à se comprendre. —-- Ils se parlaient, les petits mots circulaient, les doigts s'enlaçaient… Ils dansaient doucement, un piano les berçait. Ils se parlaient, les petits mots circulaient, les doigts s'enlaçaient… Ils dansaient doucement, un piano les berçait. —-- Les mots sont anéantis: la poésie est partie. —------- © Arthur Sens 2024 (même si publié en 2026) Paroles originales, tous droits réservés

