
On nous avait appris À tenir. Pas comment survivre À ceux qui partent. On nous avait appris À protéger. Pas quoi faire de nos bras Quand il ne reste plus personne À serrer dedans. Alors certains soirs... On s’est mis à genoux. Pas pour prier. Parce qu’on n’avait simplement Plus la force De rester debout. Il y en a qui ont perdu une femme. D’autres un enfant. Un père. Une mère. Un frère. Une sœur. Il y en a qui ont vu Leur maison devenir silencieuse, Le téléphone ne plus sonner, Une chaise rester vide Et leur ancien monde Continuer d’exister Seulement dans leur mémoire. Ils n’avaient plus de royaume. Plus de plan. Parfois même Plus aucune raison De regarder demain. Et pourtant... Le matin arrivait. Encore. Alors ils se levaient. Pas héroïquement. Pas comme dans les films. Une main contre le mur. Les jambes tremblantes. Le cœur en morceaux. Et parfois... Les genoux en sang. NOUS SOMMES LES DERNIERS DEBOUT ! Même quand la vie Nous a mis à genoux ! LES DERNIERS DEBOUT ! On a perdu tellement Qu’on ne compte même plus ! Des frères ! Des amours ! Des maisons ! Des jours heureux ! Mais sous l’armure cabossée... IL RESTE ENCORE DU FEU ! STILL STANDING! Même cassés ! STILL STANDING! Même à genoux ! ON PEUT PERDRE SON ROYAUME... SANS PERDRE SON ÂME ! Ne confonds pas son silence Avec l’absence de douleur. Certains hommes ont appris À pleurer derrière une porte Pour ne pas inquiéter Ceux qu’ils essayaient encore de protéger. Ils ont répondu : « Ça va. » Quand absolument rien N’allait. Ils ont porté des cercueils. Des séparations. Des photos. Des regrets. Des « j’aurais dû ». Des « si seulement ». Et des souvenirs Beaucoup trop lourds Pour tenir dans une poche. Mais ils sont là. Pas intacts. Là. Et peut-être que le courage N’est pas de ne jamais tomber. Peut-être que le courage C’est de connaître exactement Le goût de la poussière... Et de poser quand même Une main sur son genou Pour essayer De se relever. NOUS SOMMES LES DERNIERS DEBOUT ! Avec nos cicatrices Et nos genoux ! LES DERNIERS DEBOUT ! La vie nous a frappés Mais regarde-nous ! Pas invincibles ! NON ! Pas insensibles ! NON ! Pas sans peur ! NON ! Mais encore capables... D’AIMER DE TOUT NOTRE CŒUR ! Parce qu’un homme fort... Ce n’est peut-être pas Celui qui ne pleure jamais. C’est celui qui ne transforme pas Sa douleur En permission De détruire les autres. Celui qui a connu l’abandon Et choisit encore La loyauté. Celui qui a été trahi Et refuse pourtant De devenir la trahison. Celui qui a enterré Une partie de son monde... Et trouve encore en lui Une main À tendre. Alors relève la bannière. Pas contre quelqu’un. Pour quelque chose. Pour ceux qui sont partis. Pour ceux qui sont encore là. Pour l’homme que tu étais. Pour celui que tu deviens. Et pour cette part de toi Que toutes les batailles du monde N’ont jamais réussi À prendre. TON ARMURE ? CABOSSÉE ! TES GENOUX ? EN SANG ! TON CŒUR ? TOUJOURS VIVANT ! TES FRÈRES ? DANS MA MÉMOIRE ! CEUX QUE TU AIMES ? DANS MON HISTOIRE ! ET TON ÂME ? VOUS NE L’AVEZ PAS EUE. NOUS SOMMES LES DERNIERS DEBOUT ! Les genoux en sang, Le cœur à découvert ! LES DERNIERS DEBOUT ! On connaît la nuit, ALORS ON N’A PLUS PEUR DE L’HIVER ! On a perdu ! MAIS ON A AIMÉ ! On est tombés ! MAIS ON S’EST RELEVÉS ! On a pleuré ! ET ON N’EN A PAS HONTE ! On est encore là ! ET ÇA, ÇA COMPTE ! Nous ne sommes pas Les hommes qui n’ont rien perdu. Nous sommes ceux Qui savent maintenant Que tout peut disparaître. Une maison. Un amour. Une famille. Un monde entier. Alors nous n’aimons plus Comme si nous avions l’éternité. Nous aimons Pendant que les gens sont là. Nous parlons Pendant qu’ils peuvent nous entendre. Nous serrons dans nos bras Pendant qu’il reste encore des bras À serrer. Parce qu’après toutes nos batailles, Notre victoire N’est pas d’être devenus Invincibles. Notre victoire... C’est d’être encore HUMAINS. LES DERNIERS DEBOUT ! STILL STANDING! LES CŒURS CABOSSÉS ! STILL BEATING! LES GENOUX EN SANG ! STILL STANDING! On est tombés ! MAIS ON S’EST RELEVÉS ! On a pleuré ! ET ON N’EN A PAS HONTE ! On est encore là ! ET ÇA, ÇA COMPTE ! Nous ne sommes pas Les hommes qui n’ont rien perdu. Nous sommes ceux Qui savent maintenant Que tout peut disparaître. Une maison. Un amour. Une famille. Un monde entier. Alors nous n’aimons plus Comme si nous avions l’éternité. Nous aimons Pendant que les gens sont là. Nous parlons Pendant qu’ils peuvent nous entendre. Nous serrons dans nos bras Pendant qu’il reste encore des bras À serrer. Parce qu’après toutes nos batailles, Notre victoire N’est pas d’être devenus Invincibles. Notre victoire... C’est d’être encore HUMAINS. LES DERNIERS DEBOUT ! STILL STANDING! LES CŒURS CABOSSÉS ! STILL BEATING! LES GENOUX EN SANG ! STILL STANDING! Et après tout Ce que la vie nous a pris... ELLE N’A PAS PRIS L’HOMME EN NOUS. ON PEUT PERDRE SON ROYAUME... SANS PERDRE SON ÂME !

