
[Intro – piano lumineux, accords ouverts] [Couplet 1 – voix grave (lui)] Je connais tes défauts par cœur, ton café trop sucré, tes lunettes oubliées sur le haut de ta tête, ta manie de laisser les tiroirs mal fermés, de chanter le refrain quand la chanson s’arrête. On pourrait croire qu’à force on finit par ne plus voir, qu’un visage aimé longtemps devient un meuble, un mur. Mais tu traverses la cuisine dans la lumière du soir — et j’ai le cœur qui cogne comme au tout premier murmure. [Couplet 2 – voix féminine (elle)] Moi j’aime tes mains plus lentes et tes tempes qui grisonnent, ta voix rauque du matin, tes promesses de régime. J’aime qu’après tant d’années tu me regardes comme personne, qu’au feu rouge ta main sur ma nuque reste un frisson intime. On m’a dit que le désir s’use au frottement des jours, qu’il faut partir ailleurs pour se sentir vivante. Moi j’ai trouvé l’ailleurs au fond de ton amour : il suffit de te regarder pour que tout recommence. [Refrain – deux voix, lumineux] Encore toi, chaque matin je te rechoisis, pas par habitude, pas par peur du froid — par appétit. Encore toi, le même visage et pourtant neuf : on n’a pas éteint le feu, on l’a appris par cœur. [Couplet 3 – les deux voix en alternance] (lui) Il y a eu des orages, des étincelles ailleurs, (elle) des soirs où l’on a failli se perdre de vue. (lui) On s’est tout dit, même le pire, même la peur, (elle) et c’est ça qui nous tient : rien entre nous n’est tu. (lui) Je ne te garde pas, tu n’es pas ma maison fermée, (elle) je ne te retiens pas, la porte est grande ouverte — (ensemble) et c’est parce qu’on peut partir qu’on a envie de rester, et de se redécouvrir chaque fois comme une terre offerte. [Refrain] [Pont – parlé, à deux, piano seul] (elle) Le désir, ce n’est pas seulement ce qui commence. (lui) C’est aussi ce qui continue, (elle) quand on a tout vu de l’autre — (ensemble) et qu’on a encore envie de regarder. [Break – piano lumineux, percussions qui dansent] [Refrain final – deux voix, pleine voix] Encore toi, chaque matin je te rechoisis, pas par habitude, pas par peur du froid — par appétit. Encore toi, le même visage et pourtant neuf : on n’a pas éteint le feu, on l’a appris par cœur. [Outro – piano] (lui) Encore ? (elle) Encore.

