
[Titre : La vie en bille] [(Le stylo qui n’arrête jamais d’écrire)] [Verse 1] Je me réveille avec un mot dans la tête, Une phrase entendue hier dans la rue. Je note tout : le café, la tempête, Le nom d’un inconnu, un rêve interrompu. J’attrape les idées qui passent, Les mots lus dans les livres, les chansons. Je les range au bord des marges, Comme on garde une clé sans maison. [Chorus] Bienvenue dans ma vie en bille, Je vis dans un stylo, c’est mon destin. J’écris les idées qui vacillent, Les phrases volées en chemin. Je note tout, je note vite, De peur de perdre le fil. Mais dans mon stylo, la vie s’abrite : Qui s’usera d’abord, l’encre ou moi ? [Verse 2] J’écoute les gens, je prends ce qu’ils laissent, Un silence, une colère, une promesse. Je lis des pages et je copie des éclats, Des vers de hasard qui ne m’appartiennent pas. Je rêve des histoires que je ne vis pas, Je les écris pour qu’elles respirent en moi. Chaque journée devient une ligne, Chaque nuit une encre qui se résigne. [Bridge] Quand est-ce que l’encre de mes idées s’arrêtera ? Quand est-ce que ma pointe se sèchera ? Je ne demande pas si je perdrai le capuchon : Je sais déjà que quelque chose lâchera. Je vis dans un tube fragile, Je vois le monde par un petit trou. Je laisse une trace, je file, Mais je ne sais pas ce qui casse avant : le stylo ou moi. [Outro] Alors si un jour je n’écris plus, Regarde au bout de ma main. Ce n’est pas moi qui aurai disparu, C’est l’encre qui aura dit : c’est la fin. Et si je coule, c’est que je t’aime : Les mots s’en vont, la trace reste.

