
[Verse 1] Je compte pas en jours, Sinon vous allez avoir peur Déjà qu’en années c’est quelque chose Je préfère compter les jours sans Et les nuits sans aucune lueur Lorsque rien ne se compose Je compte pas en vers, Ça va vous paraître orgueilleux Ça va être de l’égo râpeux Insupportable, pire qu’une rime à l’envers Vous l’avez l’image ? Tant pis, c’est pas grave De toute façon à un moment il reste plus rien Plus rien que des idées en épaves [Verse 2] Je compte pas, je compte plus Lâcher l’encre, j’aimerais vous y voir La feuille ça boit, je vous raconte pas d’histoire Enfin, si, même quand j’ai le cul Posé sur le sable ou un tabouret La rime postée En embuscade, prête à choir Lâcher l’encre, vous rêvez, Enfin, vous faites ce que vous voulez Je dis ça pour vous, vous aller attendre Longtemps, tellement que ça pourrait vous surprendre Ou vous méprendre Enlevez-moi la feuille, j’écrirai quand même Même de l’amour, même si ça me plait pas Même si j’écris jamais je t’aime Ou quelque chose comme ça [Verse 3] Lâcher l’encre, ben voyons Même en postillons Je continue, je continue mes vers A savoir si ça va vous plaire Rien n’est moins sûr Encore moins sûr qu’un juron Dans un film de Rohmer Encore moins évident qu’une lueur d’intelligence même infime, même fugace Qu’un con fini qui cherche encore sa place Dans un concours d’élégance Avec l’éloquence D’une moule avariée Allez, riez, riez Lâcher l’encre, Lâchez moi la grappe, les baskets Avec cette idée que j’avais même pas en tête Y a pas d’arrangement, aucune possibilité C’est pas demain la veille, ou l’avant-veille Que je vais m’arrêter [Verse 4] Lâcher l’encre, Si vous voulez je répète, j’ai tout mon temps Je suis toujours partant Pour expliquer les choses Fourchette à gauche, couteau à droite J’ai l’étiquette accrochée à ma main A mes cinq doigts En bon gaucher contrariant Lâcher l’encre, parlez-en à un autre, enfin C’est bon pour vous, ou je répète encore une fois ? Je vous préviens ça risque juste d’être vain De finir au fond d’un ravin

