
[Intro] Le silence entrouvre une ancienne blessure, sans un cri, sans une promesse. Chaque souffle détache un fil invisible, et l'heure incline déjà la tête. [Couplet 1] La mort demeure au bord de nos paupières, immobile comme une prière oubliée. Elle ne prononce jamais de sentence, elle recueille simplement les rêves consumés. Nous avançons sous des couronnes de poussière, croyant tenir le gouvernail des jours. Pourtant chaque pas dépose une offrande dans le grand sommeil sans retour. [Pré-Refrain] À quoi bon retenir la cendre, quand le vent connaît déjà son nom ? Les roses elles-mêmes consentent à devenir parfum sans horizon. [Refrain] La mort... douce épouse du silence, ouvre ses bras comme un dernier refuge. Ce n'est peut-être pas l'absence, mais une lumière oubliée. La mort... rivière sans rivage, où les regrets perdent leur voix. Si tout s'efface dans son passage, pourquoi mon cœur tremble-t-il encore de toi ? [Couplet 2] Les heures tombent comme des feuilles humides, sans réclamer le pardon des vivants. Chaque larme nourrit une étoile éteinte que personne n'ose attendre pourtant. Les palais deviennent poussière légère, les serments apprennent enfin le repos. Même les plus tendres espérances finissent en pétales sur les eaux. [Pont] Peut-être qu'au-delà du dernier souffle aucune nuit ne possède de fin. Seulement une immense respiration où tout chagrin renonce à son destin. Les blessures quittent enfin leur nom, les souvenirs cessent d'avoir faim. Et l'âme, délestée de ses chaînes, s'abandonne à l'invisible jardin. [Dernier Refrain] La mort... plus douce que nos plaintes, plus lente que le dernier hiver. Elle ferme les yeux des souffrances comme on referme un vieux livre de lumière. La mort... ultime confidence, que nul ne peut apprendre avant l'heure. Elle ne dérobe rien au monde, elle rend simplement le cœur. [Outro] Alors je n'attendrai plus l'aurore, ni les promesses des jours perdus. Si la fin possède un visage, qu'il soit couvert de fleurs inconnues. Car peut-être qu'au fond du silence, naît le premier souffle éternel. Et que la plus profonde des absences est le premier battement de l'éternel.

