[Intro parlé | sourire léger, petit glitch lumineux, ambiance presque joyeuse] Au réveil, j’ai cru à un cadeau. Une chance. Un upgrade. Enfin ce qu’ils disent tous, non ? “T’es un rayon de soleil.” Très bien !!! Regardons ce que ça fait… quand l’soleil fait plus qu’éclairer ! [Couplet 1 | beat léger, sautillant, ironique] J’ouvre les yeux, ça pétille au plafond Un peu d’or sur mes draps, franchement c’est mignon Le miroir me renvoie un vrai p'tit bijou ! Une version de moi plus glamour, plus “waouh” ! Je ris toute seule, la pièce se teinte Comme une pub pour dentifrice et yaourt light Je m'fais un café, la machine toussote un peu, J'me dis “c'est capricieux !”… pas “j'suis dangereuse” ! Pourtant... sérieux ! [Pré-Refrain 1 | montée joueuse] Et ça brille, brille, brille autour de moi Ça embellit tout, c'est chelou ! Plus je souris, plus le décor devient doux J’me dis : la vie est cool ! Pour une fois ! [Refrain | accrocheur, ironique, scandé] On m’a voulue soleil, soleil, soleil Alors je chauffe, chauffe, chauffe On m’a voulue merveille, merveille, merveille Du coup j’ai soif, soif, soif... Au début ça brille, brille, brille À la fin ça crame, crame, crame Vous vouliez du chaud dans vos vies Maintenant faut gérer les flammes [Drop 1 | dubstep fun, presque euphorique] Brille, brille - fais ta belle Chauffe, chauffe - c’est naturel Souris, souris - fais pas la gueule Et si tu crames ?... Dommage collatéral ! [Couplet 2 | encore drôle, mais plus étrange] À midi je sors, tout le monde me trouve bien “T’as bonne mine”, “t’es lumineuse”, “t’éclaires le quotidien” Je prends ça comme un titre, presque une décoration Je distribue du chaud avec affection Mais les fleurs sur le balcon baissent déjà la tête Mon téléphone fond dans ma veste Mon livre s'est transformé en cendre Et ma 'Bialetti' vient de se fendre ! [Pré-Refrain 2 | rire qui se fige] Là, je commence à comprendre un détail, Ce qui rayonne en moi ne fait pas dans la dentelle ! Ça donne, ça tape, ça prend, ça envahit, Et plus on m’aime pour ça, plus ça grandit. [Refrain | plus nerveux] On m’a voulue soleil, soleil, soleil Alors je chauffe, chauffe, chauffe On m’a voulue merveille, merveille, merveille Du coup j’ai soif, soif, soif Ça vous plaît quand ça éblouit Beaucoup moins quand tout crépite Vous vouliez du chaud dans vos vies Maintenant... Faut courir vite ! [Couplet 3 | après-midi, le sens moral apparaît] L’après-midi devient verdict J’ai trop voulu rassurer J’ai aimé “t’es solaire”, “ne change jamais” J’ai nourri des regards Qui m’ont rendue addict J’ai joué l’été des autres Même à froid, même fatiguée J’ai confondu l’amour avec l’utilité Alors j’en paie le prix De trop l’avoir joué [Break | beat coupé, voix presque nue] Parce qu’au fond… Cette malédiction n’est pas tombée du ciel. Je l’ai nourrie... étincelle après étincelle, À coups de “ça va”… jusqu’à me consumer Pour des gens éphémères venus se réchauffer [Build-up | tension, basses qui montent] Un jour tu plais Un jour tu sers Un jour tu brilles Un jour tu rayonnes Un jour tu crames Sous la ola des “encore” [Drop 2 | plus lourd, plus noir] Brille, brille - jusqu’à la panne Donne, donne - jusqu’à la cendre Chauffe, chauffe - tant qu’ils t'acclament Après, débrouille-toi pour te reprendre [Pont | grave, très lucide] Le soir arrive et tout devient clair Ce n’était pas un don, c’était un pacte pervers Ils aimaient ma lumière, moi j’aimais leur regard Eux voulaient le confort, moi la preuve d’exister quelque part ! Alors j’ai monté le feu pour rester nécessaire J’ai joué l’astre docile, la présence exemplaire Mais un soleil de service finit par le comprendre : On te veut solaire… pas réduite en cendres. [Refrain final | grand, mordant, fataliste] On m’a voulue soleil, soleil, soleil Alors j’ai chauffé, chauffé, chauffé Jusqu’à griller, griller, griller Sous les rayons doré, doré, doré Ça vous plaisait de me croire inépuisable Moi j'adorais qu’on m'trouve indispensable Mais quand la nuit tombe et que tout se voit Y’a plus de miracle… y’a juste moi ! [Outro / morale | parlé, calme, sec] Moralité ? À vouloir être un astre pour tout le monde, On finit souvent en incendie privé. Un soleil, c’est beau de loin. De près, ça détruit. Alors demain, tant pis pour la légende : Je ne serai plus ce brasier céleste, Juste une lumière rendue à elle-même