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Psaumes de l'hypocrisie_REBOOT

V6

Ouvrez les yeux ! Vos saints ont les mains pleines. Ils vous vendent le ciel… Et vous laissent les chaînes ! Des mains levées, des genoux en sang, Vous baisez la bague et mordez l'enfant. L'amour du prochain, gravé sur vos portes, S'arrête au seuil quand sa foi n'est pas la vôtre. Vous dites : « Pardonne ! » à celui qu'on détruit, « Respecte le père ! » et l'enfant se réduit. Le doute est un crime ; obéir, un mérite. Le bourreau se signe… et la foule l'imite ! Quel beau miracle ! Quelle lumière ! L'or monte au ciel, la honte reste à terre. Vous lavez vos mains dans nos silences… Et nommez ce vide « providence » ! PSAUME DE L'HYPOCRISIE ! La bouche pleine d'amour, les dents dans nos vies ! Vous promettez le ciel, vous facturez la peur ! Qui donc absout les marchands de terreur ? ARRACHEZ LE BANDEAU ! Regardez vos idoles au fond des yeux ! Sous les dorures, sous la peau… Des hommes parlent à la place des dieux ! Heureux les pauvres ! Surtout qu'ils le restent. Le ventre vide rend la foi plus modeste. La paix soit sur vous ! Que vos guerres soient saintes. Un même charnier sous différentes empreintes. Vos prophètes d'or ont réponse à tout : Si le ciel se tait, la faute est à vous. Guéri ? C'est sa grâce. Brisé ? Son mystère. Le dogme a toujours raison du calvaire ! Quel beau système ! Quelle élégance ! Même votre échec exige allégeance. Le crime a son rite, le doute sa peine… Et chaque pardon remet une chaîne ! PSAUME DE L'HYPOCRISIE ! La bouche pleine d'amour, les dents dans nos vies ! Vous promettez le ciel, vous facturez la peur ! Qui donc absout les marchands de terreur ? ARRACHEZ LE BANDEAU ! Regardez vos idoles au fond des yeux ! Sous les dorures, sous la peau… Des hommes parlent à la place des dieux ! [Instrumental Development] Un paradis promis contre une vie à genoux, Un enfer pour garder le verrou. Vous faites du corps une dette éternelle, Puis vendez la clef de la faute originelle. Et nous, bien dociles, affamés d'innocence, Nous fermons les yeux pour garder bonne conscience. Il suffit d'un monstre habillé de sacré : Nous lui prêtons nos mains pour ne pas nous juger ! Ce n'est pas le ciel qui détourne les yeux. C'est toi. Ce n'est pas un dieu qui bâillonne une voix. C'est toi. Quand tu sais… et que tu choisis de te taire, Ta prière a le poids de la pierre. TA PAIX ! Sur le dos des victimes ! TA FOI ! Pour blanchir leurs abîmes ! TON SALUT ! Ne rachète pas leurs cris ! REGARDE ! Voilà ton paradis ! PSAUME DE L'HYPOCRISIE ! La bouche pleine d'amour, les dents dans nos vies ! Vos promesses de ciel ont le goût de la peur ! Vos autels ne feront pas taire les cœurs ! ARRACHEZ LE BANDEAU ! Que vos certitudes se brisent en deux ! Sous les dorures, sous la peau… Vous répondrez de vos actes, pas vos dieux ! Quand le dernier encens retombera, Quand l'or ne cachera plus la rouille, N'accusez pas le diable… Vos mains sont sur la lame.