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Emile Trapu 6

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V4.5

© Lyrics by Harry Suez Je vous vois. Vous commencez à douter de mon histoire et vous vous dites: « Alors ouiiiii! On nous promet des trucs dégueu, des choses horribles. Et on se retrouve avec un marmot qui braille. Qu’est-ce que c’est que ces fadaises, on nous prend pour des jambons. » Patience, mes amis, l’histoire ne fait que commencer. Mais si vous souhaitez partir, partez. Tournez-vous et partez sans vous retourner. Si vous ne me croyez pas, tirez-vous. Adieu. Bien, je le savais. Vous êtes encore là. Je vous avais remarqué, vous en particulier. J’avais observé cette petite lueur de concupiscence malsaine au fond de vos yeux. Laissons ces tristes sires s’en aller et restons ensemble. Allons, venez plus près de moi mon petit, approchez de votre ami Jacques. Encore un peu, n’ayez pas peur. Profitons un peu tous les deux et reprenons tout à l’heure. Voyons, venez… [laughing] Avançons un brin dans l’histoire. Vous vous rendez bien compte qu’un nouveau-né, si méchant et diabolique qu’il soit, n’a pas vraiment de ressort pour être retors. Certes, à peine ses premières canines sorties, il cisaillait, têtu et tatillon, le téton de sa tutrice Macarel, assaisonnant ainsi le blanc et doucereux élixir d’un peu de délicieux sang. Bien nourri, le petit escogriffe grandit vite, et nous allons passer rapidement sur les premiers mois de sa vie. Maintenant que vous savez tout de la tragédie de sa naissance, nous pouvons directement aller au début de sa carrière criminelle, de son œuvre honnie, de son génie horrifique. Nous voilà rendus deux ans plus tard, et le galopin marche et court. Il se balade de-ci, de-là, de la cour à la boutique. Pourtant, ce qu’il préfère de loin, c’est traîner dans les pattes du boucher. Et le bon Marcel Macarel apprécie le petit bougre. Il n’y a pas un de ses propres enfants qui semble admirer son ouvrage avec autant d’enthousiasme.