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Dali chanté: 04- Le Miroir qui n’en peut plus

¡Atención, mortales y ángeles caídos! Aquí llega, desde las profundidades de su propio espejo roto, el divino, el inefable, el único e irrepetible Salvador Dalí, cantando en francés con su acento catalán más delirante y su megalomanía en estado puro. Una confesión nocturna, un tango-cabaret paranoico-crítico donde el genio se queda sin reflejo y, por primera vez, se ríe de sí mismo… con ternura, claro, porque hasta su vanidad era obra de arte. Prepárense: las moustaches tiemblan, las montres se derriten, los elefantes trompetean lejano y el ego más grande del siglo XX se desnuda… ¡al fin! ¡Que empiece el espectáculo daliniano! ¡Viva yo! ¡Viva Dalí! ¡Y que se fundan los relojes! Je me plante, pompeux, devant le psyché poli, Moustache martiale, majestueuse, magnétique, mon Dali ! Je bombe le buste baroque, prêt pour la bombe lyrique… Mais le miroir me morigène, morne, mutin, mélancolique. Où est mon ombre sublime, ce surhomme surréaliste ? Ce séducteur de songes, ce satrape aux yeux de sadique ? Il s’est sauvé, saturé de mes superlatifs sirupeux, Fuyant la fanfare de fric et mes foudres factices, adieu ! J’ai clamé : « Contemplez le cosmos dans ma cornée cosmique ! » Le miroir marmonne, maussade : « Modère ta musique, mon manic. Ton torrent de termes tordus, tes tirades titaniques, Même mon mercure est migraineux de tes métaphores maniaques. » J’ai dégainé mes délires : éléphants élancés sur échasses, Montres molles, moribondes, morbidement molles qui s’écrasent… Rien. Vide. Zéro zéphyr. Pas un tic-tac tiède qui tremble, Mon moi monumental n’a plus de miroir pour m’assembler. Pourtant j’ai monnayé ma moustache en mille marchandises, Cravates criardes, parfums phalliques, assiettes avaricieuses… J’ai signé des draps dorés, des couverts clinquants, clinquants, Mais le miroir, ce mutin, méprise mes millions moquants. « Reflète-moi, richement rétribué, je te couvre d’or ! » Il ricane : « Range tes roubles, roi du ridicule décor. Tes dollars daliniens ne m’éblouissent plus, Je préfère le silence à tes solos stridents, barbu ! » Alors je m’effondre, enfant énorme sans image, Moustache mouillée, minuscule, misérable mirage. Je murmure, modeste : « Pardon pour le vacarme vorace, Je voulais juste qu’on m’aime, même un peu, même sans audace… » Et là, lentement, une silhouette surgit, sage, Pas le pharaon phallique, juste un petit homme sans panache. Il me sourit, complice, avec une tendresse tordue : « Reviens quand ta trompette se taira, Salvador perdu. » Ma moustache fait des vagues molles, larmes en perles rondes, Le miroir me pardonne… et moi je fonds, enfin fécond. Refrain (murmuré, presque chuchoté) Ô miroir, miroir morose, Qui m’as mis à nu, morbleu, J’étais dieu, j’étais démon, Me voilà mou, mou, mou… Mais mou ça me va, ça me va, Tant que tu me regardes, miroir, mon vieux papa.