
Titre : Le Miroir Muet Le tic-tac de l'horloge est un bruit qui dérange, Dans le salon désert où s'étirent les anges. Je m'invente des bruits, des écrans, des fureurs, Pour étouffer ce cri qui loge dans mon cœur Je m'enivre d'instants, de factices parures, Pour ne plus ressentir l'étroit de mes murs. Mais quand s'éteint le bal et que le jour s'enfuit, Le silence revient me border pour la nuit. Oh, solitude amère, rime de finitude, Vertige du miroir, brisant mes certitudes. L'univers est muet, il ne me répond pas, Mais dans ce vide immense, je dessine mes pas. Libre et prisonnière, entre l'ombre et le feu, Je cherche un sens dans l'absence de Dieu. Le ciel est un abîme, un regard sans prunelles, L'absurde est un sommet où la raison chancelle. Chaque repos ressemble à une trahison, Un pont fragile jeté entre cœur et raison. Faut-il capituler devant l'absurde loi, Ou porter comme un sceptre le courage du choix ? Le néant me regarde, il attend mon aveu, Mais mon doute est l'étincelle qui allume le jeu. C'est dans ce silence que je m'entends enfin, Loin des occupations et du vacarme vain. Créer ma propre route, ma propre vérité, C'est transformer le vide en pure volonté. Je suis ma propre lumière dans l'aveugle univers, Je fais danser l'absurde au milieu de mes vers. Prisonnière du temps, mais libre du destin, Je suis seule juge de mon propre matin. •••

