
C’est un fleuve saumâtre, Incommensurablement lent, Qui nous mène pourtant Si vite au plus bas... C’est une glue verdâtre Aux nauséabonds relents, Qui joue avec le temps Et qu’on ne voit pas. ----- C’est un marais putride Où l’on s’enfonce sans fin, Une prison de boue, Une gangue immense, Une robe de vide Et la mort de toute faim. C’est le refrain des fous, La fin de la danse… ---------- On a beau savoir tout : Savoir qu’il n’existe pas, Il est lourd à porter Et à soulever. On l’emmène partout Et il ne nous quitte pas, Carapace hantée Dure à enlever. ---------- C’est un arrêt mortel, Une cristallisation Au goût fade, écœurant, Une parenthèse. C’est un sinistre hôtel Sans une conversation Aux murs exaspérants De blanche glaise. ----- C’est un endroit absent, Un temps qui n’existe plus, La visite de rien, Le baiser du mort, Quelques traces de sang Sur un mur qui ne pleut plus, Une tache qui revient Et nous donne tort. ---------- On a beau savoir tout : Savoir qu’il n’existe pas, Il est lourd à porter Et à soulever. On l’emmène partout Et il ne nous quitte pas, Carapace hantée Dure à enlever. ---------- C’est un poison subtil Qui nous vide de nous-mêmes A petit feu, sournois, Qui nous paralyse. C’est une voie facile Qu’évite celui qui aime Et qui marche à l’endroit, Entre les balises. ----- C’est une route creuse, Dépourvue d’intelligence, Une faute, une erreur, Un manque de foi, Une loi malheureuse Qui nous mène à l’indigence, A la croix, à l’horreur, Au vide, à l’effroi. ---------- On a beau savoir tout : Savoir qu’il n’existe pas, Il est lourd à porter Et à soulever. On l’emmène partout Et il ne nous quitte pas, Carapace hantée Dure à enlever. ---------- On a beau savoir tout : Savoir qu’il n’existe pas, Il est lourd à porter Et à soulever. On l’emmène partout Et il ne nous quitte pas, Carapace hantée Dure à enlever. —------- © Arthur Sens 2002 (même si publié en 2026) Paroles originales, tous droits réservés

