
On s’est croisés dans l’désordre d’un soir, Deux inconnus qu’le destin voulait voir. J’ai lu dans tes yeux tout c’que j’avais jamais eu, Un éclat d’évidence qu’j’pouvais pas t’avouer tout d’suite. Chaque rire, chaque regard volé, C’était d’la poudre sur un feu qu’fallait pas allumer. Mais crisse… j’ai laissé l’étincelle s’étendre, Pis j’me suis noyé dans c’qu’on pouvait pas prendre. C’est l’amour qu’on n’aura jamais, Celui qui r’vient hanter nos rêves, qu’on cache à ceux qu’on aime. C’est l’histoire qui fait mal, qu’on raconte à personne, Le souvenir qui s’accroche quand la nuit résonne. T’avais quelqu’un, j’avais ma vie d’à peu près, Deux cœurs à la dérive, deux silences imparfaits. On s’est aimé en secret dans des gestes trop sages, À demi-mots, à distance, comme deux naufrages. T’as dit qu’t’avais peur, j’ai dit qu’j’comprendrais, Mais en dedans c’était l’bordel, un monde qui s’écroulait. Chaque au revoir sonnait comme un crissement d’frein, Pis j’aurais tout crissé là pour t’rejoindre demain matin. C’est l’amour qu’on n’aura jamais, Celui qui s’cache dans l’silence, dans c’qu’on ose pas nommer. C’est la chanson qui fait mal qu’on garde pour soi, L’histoire qu’on voudrait vivre juste une fois. Y’a des soirs où j’rêve encore de toi, Où ton parfum me r’vient d’on sait pas où, j’sais pas pourquoi. Pis j’me dis qu’la vie c’est une foutue farce parfois, Qu’on rencontre la bonne personne… mais pas au bon endroit. C’est l’amour qu’on n’aura jamais, Celui qui nous hante même quand tout l’reste est parfait. C’est le poids doux-amer qu’on traîne en dedans, La blessure qui guérit jamais vraiment. On s’est aimés sans s’le dire, sans jamais vraiment l’vivre, Pis ça fait partie de moi, de c’que j’laisserai quand j’vais partir. C’était toi… l’amour qu’j’aurai jamais.

