
Petite Lyhanna, si jeune et si jolie, Là, sur tous nos écrans, on te voit qui souris, Mais bien longtemps encore nous entendrons tes cris, Face à cet assassin qui a volé ta vie. Car immonde et abjecte, la bête était bien là, Et doucement tissait sa toile autour de toi, Bien décidée a faire de toi sa prochaine proie, Tandis que tous dormaient… policiers, magistrats. Comment ont-ils donc pu s’endormir chaque soir, Et puis se regarder chaque matin au miroir, Sachant que l’animal échafaudait ses plans, Pour souiller l’innocence de l’un de nos enfants ? Oh ! Pardon Lyhanna, pardon, Au nom de ceux qui auraient dû, Au nom de ceux qui auraient pu. Oui, pardon Lyhanna, pardon, Au nom de tous ceux qui savaient, Au nom de tous ceux qui pouvaient, Au nom de tous ceux qui dormaient. Ce moment où l’on sait, où la mesure est pleine, Et où pourtant ceux qui ont le pouvoir s’abstiennent, Croyant naïvement avoir toujours le temps, Laissant rôder la mort autour de nos enfants. Pourquoi sont-ils restés dans leur indifférence ? Par pur fainéantise ou par incompétence ? N’auraient-ils pu se dire, devant les évidences, Qu’ils avaient un devoir… et qu’il y avait urgence ? Aucun n’a réagi quand chaque pièce du puzzle, Dessinait le portrait du monstre ouvrant sa gueule. N’y en a t’il pas eu, ne serait-ce qu’un seul, Qui aurait pu se dire : « Pourquoi sommes-nous si veules ? » Oh ! Pardon Lyhanna, pardon, Au nom de ceux qui auraient dû, Au nom de ceux qui auraient pu. Oui, pardon Lyhanna, pardon, Au nom de tous ceux qui savaient, Au nom de tous ceux qui pouvaient, Au nom de tous ceux qui dormaient. Pardon pour tous ces policiers Magistrats et autorités, Eux qui savaient, eux qui pouvaient, Mais qui pourtant, n’ont pas bougé ! Dans les couloirs glacés où s’empilent les dossiers, Combien de vérités finissent abandonnées ? Combien de cris d’enfants se trouvent-ils étouffés ? Et combien de douleurs simplement ignorées ? Vous parlez de moyens, et puis de procédures, Mais s’il vous plait jetez vos excuses aux ordures, Faites amende honorable, reconnaissez vos torts, Vous n’en ressortirez que plus propres et plus forts. Surtout n’allez pas dire : « On n’avait pas le temps », Quand la moindre inaction peut tuer un enfant. Refermer les dossiers, c’est bafouer la justice, C’est pas comme si madame… il n’y en avait pas six ! Oh ! Pardon Lyhanna, pardon, Au nom de ceux qui auraient dû, Au nom de ceux qui auraient pu. Oui, pardon Lyhanna, pardon, Au nom de tous ceux qui savaient, Au nom de tous ceux qui pouvaient, Au nom de tous ceux qui dormaient. Petite Lyhanna, si jeune et si jolie, Là, sur tous nos écrans, on te voit qui souris, Mais bien longtemps encore nous entendrons tes cris, Face à ces assassins… qui ont volé ta vie.

