ça commence bas bouche close boue douce sous la langue mousse pousse — sans bruit / sous bruit — souffle s’enfouit — je marche mais ça vrille lignes ? non lianes lentes qui lient / délient les chemins chuchotent chuintent choisissent avant moi racines raisonnent — r / r / r — contre raisons — visages vernis vides lisses lisses glissent comme si la sève s’était sauvée — sifflée / siphonnée — — ils parlent propre phrases plates placées je plie je ploie je pousse en biais branches brisent bruit bref ça accroche crache craque — silence s’insinue sinue signe reprend — dans leurs yeux des angles nets négociés lumières lissées là rien ne tremble rien ne trouble tout est tenu trop tenu — je cherche pas quelqu’un non — une faille fine franche qui fuit pas qui fume encore — une présence presque poreuse qui persiste même mal posée — quelqu’un qui ne coupe pas ce qui déborde — ici les mots mordent refusent se défont se faufilent bifurquent bruissent bégayent basculent battent la boue — je laisse lente la langue lâche — dans la gorge grince graine grise comme du bois boit humide — contre-courant corps courant courbe contre mais l’eau est là intime insistante elle monte murmure martèle mou — ils disent : se perdre perdre pied peur pleine — moi je murmure : revenir vers vert vers verre — Diogène de Sinope lanterne lente lichens la lèchent je cherche sans cercle sans centre — “humain” mot mort motte ne prend pas — trop sec trop seul — alors ailleurs — dans les gestes gauches les silences serrés les regards qui ratent — là ça lâche un peu — faille faible fleur fêlée — presque clairière claire — on ne dit plus on laisse le vent vient vrille varie — quelque chose passe — sans passeport — ni toi ni moi — entre antre — ça suffit souffle suffit — puis ça se scelle sec vite — structures strictes postures posées peaux placées — je reste rien ne presse — dans l’entre ni entrée ni fin — juste ce lieu lent où l’air erre — et si rencontrer c’était ça — ne pas nommer ne pas nouer — laisser l’autre lever — sans grille sans griffe sans grip — comme forêt forme forte qui foisonne sans savoir — silence sale sacré — ça continue sous souple sourd — toujours tourne tient tremble —