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Faire taire le monstre

[Intro] J’ai fermé toutes les portes, mais il connaît les serrures, Il vit derrière mes côtes, caché sous mes blessures. Je souris devant les autres pour maquiller le désastre, Mais quand la nuit tombe enfin… j’entends rugir le monstre. [Couplet 1] J’ai grandi avec des silences plus lourds que des discours, Des « ça va » jetés trop vite pour esquiver les secours. J’ai mis mes peines en cage, mes colères sous cadenas, Mais tout ce qu’on enterre vivant finit par creuser plus bas. Il me parle dans le noir quand la ville s’endort, Il connaît tous mes regrets, il les récite encore. Il transforme mes souvenirs en couloirs sans lumière, Puis me souffle que demain ressemblera juste à hier. J’ai voulu devenir froid pour ne plus sentir les coups, Maintenant même les beaux jours ont comme un goût de dégoût. J’ai tellement fait semblant d’être solide et tranquille, Que personne ne voit les fissures derrière mon profil. J’accumule les absences, les promesses qui s’effacent, Les gens disent « je suis là », puis disparaissent sans trace. Alors le monstre rigole quand quelqu’un parle d’amour, Il me dit : « Ne crois personne, ils partiront tous un jour. » [Pré-refrain] Et je lutte contre une voix qui porte pourtant la mienne, Elle nourrit mes colères avec chacune de mes peines. Je voudrais juste une nuit sans l’entendre au fond de moi, Une seconde de silence où je pourrais être moi. [Refrain] J’ai envie de faire taire le monstre en moi, Celui qui prend ma voix quand je ne me contrôle pas. Celui qui change mes blessures en colère et en froid, Qui détruit les rares lumières que je garde encore en moi. J’ai envie de faire taire le monstre en moi, Lui dire que mes cicatrices ne lui appartiennent pas. Même si chaque nuit j’entends son écho dans le noir, Je veux reprendre ma place avant qu’il vole mon histoire. [Couplet 2] J’ai des fantômes plein la tête et des regrets plein les poches, Des souvenirs qui deviennent plus présents que mes proches. J’ai appris que les adieux n’attendent pas qu’on soit prêt, Que certaines blessures ferment sans vraiment cicatriser. Je parle peu de mes peines, j’ai peur qu’elles prennent vie, Alors j’écris jusqu’à tard ce que ma bouche ensevelit. Chaque phrase est une fenêtre ouverte au milieu du brouillard, Chaque rime une façon de tenir debout quelque part. Le monstre veut ma colère, il veut nourrir mes rancœurs, Il connaît tous les chemins qui conduisent jusqu’à mes peurs. Il me rappelle mes erreurs comme si j’étais condamné, Comme si tout ce que j’ai raté définissait mes années. Mais j’en ai marre d’être l’ombre de mes propres tempêtes, De laisser mes vieux démons choisir ce qu’il y a dans ma tête. J’ai peut-être perdu des morceaux sur le chemin du retour, Mais je refuse que ma haine ait le dernier mot un jour. [Pont] Peut-être que le monstre n’est qu’un cri jamais sorti, Une montagne de douleur que j’ai gardée enfouie. Peut-être qu’il hurle si fort parce que personne n’écoute, Parce que j’ai caché mes larmes derrière trop de « aucun doute ». Alors je regarde le miroir, même si j’aime pas l’image, Je vois mes nuits sans sommeil, mes erreurs, mes naufrages. Et pour la première fois je lui réponds sans trembler : « T’es né de mes blessures… mais tu vas pas me remplacer. » [Refrain] J’ai envie de faire taire le monstre en moi, Celui qui prend ma voix quand je ne me contrôle pas. Celui qui change mes blessures en colère et en froid, Qui détruit les rares lumières que je garde encore en moi. J’ai envie de faire taire le monstre en moi, Pas disparaître avec lui, juste reprendre ce qui est à moi. Et même s’il hurle encore quand tout s’écroule dans le noir, Je veux être celui qui décide comment finit l’histoire. [Outro] Le monstre est toujours là, quelque part sous ma peau, Mais maintenant je sais qu’il ne parle pas toujours vrai dans ses mots. J’ai encore des nuits glacées, encore des matins sans couleur, Mais je préfère affronter l’orage que lui donner le gouvernail de mon cœur. Alors s’il revient demain pour réveiller mes blessures, Je lui montrerai mes cicatrices sans en avoir honte, je te jure. Parce qu’au fond de mes ruines, malgré tout ce que je vois, Il reste une voix plus faible… Mais cette voix-là, c’est moi.