
Elle a arrêté la guerre en elle
Pendant longtemps… elle a cru que survivre était une façon de vivre Elle a grandi dans des maisons où les silences faisaient plus de bruit que les mots Alors son corps a appris très tôt à surveiller anticiper tenir et protéger tout le monde avant elle Elle regardait les blessures des autres comme si les réparer allait enfin calmer les siennes Elle est devenue : le pilier la réparatrice celle qui comprend celle qui porte celle qui absorbe Mais à force de sauver les autres elle ne savait plus : comment s’écouter elle-même Pendant longtemps elle s’est cachée derrière la pudeur Elle n’aimait pas son corps ne se sentait pas assez belle pas assez désirable pas assez digne d’être aimée Alors elle a cherché l’amour chez des hommes eux-mêmes perdus : absents blessés addicts inaccessibles émotionnellement Comme si son système nerveux retournait toujours vers ce qu’il connaissait déjà : le chaos Mais un jour elle a commencé à chercher la vérité Pas pour fuir la douleur Pour la comprendre Alors elle a lu cherché questionné pleuré traversé des thérapies exploré ses blessures ses mécanismes ses attachements ses peurs et ses héritages invisibles Parce qu’au fond d’elle quelque chose refusait de rester prisonnier de l’inconscience Elle a compris alors : que beaucoup de réactions humaines naissent souvent : de systèmes nerveux blessés et d’enfants intérieurs restés seuls trop longtemps Alors elle a arrêté la guerre en elle Elle n’a plus voulu : se battre contre son corps se trahir pour être aimée ou confondre l’amour avec la souffrance Elle a appris : à respirer à ralentir à poser des limites à respecter son cœur et à aimer sans se sacrifier Elle s’est réapproprié son corps Pas pour séduire Mais pour enfin : habiter sa propre vie Elle a appris à se regarder avec douceur à sortir de la honte et à ne plus offrir son corps pour recevoir de l’amour en retour Aujourd’hui elle choisit la paix Elle ne cherche plus : les relations construites sur les blessures les armures les manipulations les drames émotionnels Le jour où l’amour frappera à sa porte ce sera un amour conscient Un amour qui connaît : l’ombre la lumière la chute la reconstruction et la tendresse sans destruction Elle n’est plus dans la performance ni dans le matérialisme Elle est devenue marginale peut-être Mais profondément libre intérieurement Elle aime : le calme la vérité la nature la conscience la lumière et les êtres capables d’aimer sans dominer Et si aujourd’hui elle met son histoire à nu à travers ses chansons Ce n’est pas pour exposer ses blessures C’est parce que comprendre les mécanismes l’a aidée à se libérer Et si cette lumière l’a aidée elle Alors peut-être qu’elle peut aussi : aider d’autres personnes à regarder leur propre histoire autrement Ses chansons ne donnent pas de leçons Elles tendent simplement un miroir À ceux qui veulent regarder Alors elle a arrêté la guerre en elle Et sa fille n’héritera pas : des cris de la peur du silence de la honte ou de l’insécurité émotionnelle Elle lui offre : la conscience la liberté la sécurité la douceur et le droit d’exister sans devoir survivre Peut-être que guérir ne signifie pas devenir parfait Peut-être que guérir c’est simplement : arrêter de transmettre la douleur comme unique langage de l’amour “Certaines personnes traversent l’obscurité… et deviennent à leur tour obscures. D’autres… traversent l’obscurité… et consacrent leur vie entière à chercher la lumière.” Gabor Maté dirait : “La guérison commence souvent quand une personne cesse enfin de se juger pour ses mécanismes de survie.” Bessel van der Kolk rappellerait : “Le corps peut aussi apprendre qu’il n’est plus obligé de vivre dans le danger.” “La conscience ne change pas le passé. Mais elle peut empêcher que la souffrance continue de gouverner l’avenir.” Elle a longtemps survécu… Aujourd’hui elle commence enfin à vivre.

