
Je ne sais pas ton nom. Je ne veux pas savoir. Une nuit, c'est tout. Une nuit — suffisante. Tu m'as parlé comme si le temps n'existait pas. Moi qui compte tout, j'ai arrêté de compter. Pas de questions. Pas de demain. Juste cette nuit qui se suffit. Personne ne saura. Personne n'a besoin. Ce qui reste ici reste ici. L'inconnu, l'inconnu — et c'est parfait ainsi. Pas de nom, pas de fil, pas de suite, pas d'oubli. L'inconnu, l'inconnu — je pars avant le jour. Légère, entière, sans un mot de retour. Au petit matin je ramasse mes clés. Toi, tu dors encore. Moi, je m'en vais. C'est comme ça que je préfère — partir souveraine, sans un hier. Personne ne saura. Personne n'a besoin. Ce qui reste ici reste ici. L'inconnu, l'inconnu — et c'est parfait ainsi. Pas de nom, pas de fil, pas de suite, pas d'oubli. L'inconnu, l'inconnu — je pars avant le jour. Légère, entière, sans un mot de retour. Une belle nuit ne demande rien. Elle se donne, puis s'éteint. Je ferme la porte sans me retourner. Ce qui fut parfait n'a pas à durer. L'inconnu, l'inconnu — et c'est parfait ainsi. Pas de nom, pas de fil, pas de suite, pas d'oubli. L'inconnu, l'inconnu — je pars avant le jour. Légère, entière, sans un mot de retour. Une nuit. Un inconnu. Je ne savais pas encore que je le reverrais.

