Ils l’ont sorti comme un grand mode d’emploi, Un Livre bleu pour nous parler de choix. Des mots de nation, de fierté retrouvée, Mais derrière le bleu, qu’est-ce qui va rester? On promet le contrôle, un nouvel horizon, Des réponses simples à de vieilles questions. Mais quand vient le temps de parler du prix, Les belles certitudes deviennent des « peut-être » et des « si ». Le Livre bleu, moi j’y vois du brouillard, Un grand projet qui nous vend le départ. On peint demain aux couleurs du Québec, Mais qui paiera la facture après le chèque? Le Livre bleu, rempli de convictions, Mais une conviction n’est pas une solution. Avant de vouloir tout recommencer, Faudrait peut-être nous dire où l’on veut nous mener. 🎵 On parle de pouvoirs, de langue et d’identité, De reprendre en main notre destinée. Mais les hôpitaux, le logement, le coût de la vie, Est-ce qu’un nouveau pays règle tout ça aussi? Une frontière ne construit pas de maison, Un nouveau drapeau ne baisse pas l’inflation. Et si l’indépendance devient la priorité, Quels problèmes urgents seront mis de côté? Je ne dis pas que le Québec doit se taire, Ni qu’il doit abandonner ses affaires. Mais entre être fier et vendre une illusion, Il faut laisser de la place aux questions. Combien ça coûte? Combien de temps? Quels seront les risques pour les gens? Un projet de pays mérite mieux qu’un slogan : Il mérite des réponses, chiffres à l’appui, maintenant. Le Livre bleu, je le lis à l’envers, Pas pour être rouge, pas pour plaire à Ottawa non plus. Mais quand on veut changer tout un pays, Les beaux discours ne peuvent servir de garantie. Le Livre bleu peut promettre un nouveau matin, Mais personne ne connaît vraiment le chemin. Alors avant le grand saut vers l’inconnu, Montrez-nous aussi ce qu’on pourrait avoir perdu.